Pollution invisible : cette future norme européenne sur les pneus pourrait tout changer

Saviez-vous que l’usure des pneus génère jusqu’à 4 kg de pollution tous les 40 000 km ?

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Pollution invisible : cette future norme européenne sur les pneus pourrait tout changer
Pollution invisible : cette future norme européenne sur les pneus pourrait tout changer © L'Automobiliste

La pollution provoquée par l’usure des pneus prend de plus en plus de place dans les débats internationaux. Méconnue du grand public, cette pollution disperse des particules fines et des microplastiques dans l’air et dans l’eau. Une nouvelle réglementation européenne, appelée Euro 7, doit intervenir à partir de novembre 2026 pour s’attaquer à ce problème.

Ce qu’on sait sur la pollution liée aux pneus

Les fabricants de pneumatiques et les acteurs de l’automobile cherchent des solutions pour limiter les répercussions sur l’environnement. L’abrasion des pneus entraîne une perte de gomme importante, estimée entre 2 et 4 kg tous les 40 000 km parcourus en moyenne. Ces particules fines menacent les milieux naturels et augmentent la pollution par les microplastiques, constat visible dans des lieux comme le lac d’Annecy, le Léman ou même les neiges éternelles.

Dominique Stempfell, président du syndicat du pneu, rappelle l’urgence : « Il ne s’agit pas de la première étude dont nous avons connaissance et qui démontre que les pneumatiques sont à l’origine d’une certaine pollution ». Cette prise de conscience collective pousse à renforcer l’innovation dans le secteur manufacturier.

Comment on veut des pneus moins polluants

Pour répondre à ces enjeux, les fabricants investissent dans la recherche afin de concevoir des pneus plus durables et moins nocifs pour l’environnement, participant ainsi à la transition énergétique. Un axe prometteur est l’utilisation de matières premières biosourcées à la place du caoutchouc traditionnel. Les pneumatiques les plus avancés contiennent déjà 60 % de ces matériaux, et l’objectif affiché est d’atteindre des pneus 100 % biosourcés dès que la filière sera suffisamment développée. Dominique Stempfell le dit clairement dans Le Dauphiné : « Les pneumatiques les plus avancés en la matière en contiennent déjà 60 %. Et dès que la filière sera au point, nous arriverons facilement à des pneus 100 % biosourcés ».

La transition est d’autant plus nécessaire que les modèles de moindre qualité s’usent « 3–4 fois plus vite » que les bons modèles. Ces écarts importants entre pneumatiques montrent pourquoi une réglementation stricte est demandée.

Euro 7, ce qui va changer

La norme Euro 7, qui doit entrer en vigueur en novembre 2026, fixera des limites précises sur le taux d’usure autorisé pour les pneumatiques vendus en France et en Europe, contribuant ainsi à améliorer la qualité de l’air. L’idée est simple : retirer du marché les pneus les moins performants, souvent fabriqués par certaines marques, notamment chinoises, qui s’usent vite et génèrent plus de pollution. Comme le résume Dominique Stempfell, « l’objectif est de sortir du marché les pneus de moins bonne qualité, qui s’usent très vite et qui polluent donc beaucoup ».

La norme améliorera aussi l’information aux consommateurs. Les étiquettes indiqueront non seulement le bruit et l’adhérence, mais aussi le taux d’usure des pneus, ce qui permettra aux automobilistes de faire des choix mieux informés : « En plus du bruit et de l’adhérence, cette indication permettra à l’automobiliste de choisir en toute connaissance de cause ».

Ce que ça change pour les véhicules et les milieux naturels

Les voitures électriques, souvent plus lourdes que les véhicules thermiques, accentuent l’abrasion et contribuent ainsi de façon significative à la pollution par les microplastiques, malgré le malus écologique visant à réduire les émissions. « Et de ce côté-là, ce sont les voitures électriques qui sont les plus lourdes. L’électrique contribue donc beaucoup à cette pollution par les microplastiques », rappelle Dominique Stempfell. Ce constat invite à la prudence malgré les avantages de l’électrique pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Chaque année, 50 000 tonnes de résidus de pneus sont jetées dans la nature, d’où l’importance d’adopter des pratiques plus durables. Plusieurs voix, y compris celle de Dominique Stempfell, plaident pour l’application du principe de précaution face aux effets néfastes des composants issus des pneus.

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