En Allemagne, les constructeurs ne cessent de développer des voitures électriques ou hybrides. Et ce, malgré les réticences du marché. La part de véhicules à batteries n’a jamais été aussi élevée dans la production.
En Allemagne, la production automobile tourne le dos au thermique
En Allemagne, près d’une voiture produite sur deux serait désormais électrique ou hybride. Une statistique impressionnante, qui marque un tournant symbolique pour un pays historiquement attaché au thermique. D’après Les Échos, 864 000 exemplaires ont été produits depuis le début de l’année 2025. Un chiffre dopé par une hausse importante des ventes depuis janvier : plus 45 %.
Le marché, encore convalescent après la suppression brutale des aides fédérales fin 2023, retrouve des couleurs. Les constructeurs, eux, n’ont pas attendu que la demande suive : les chaînes de montage ont été massivement redéployées pour accélérer la production de modèles électriques, au point de représenter près de la moitié du volume global sorti des usines allemandes. Le ton est donné : il ne s’agit pas d’un élan spontané mais d’un calcul rigoureux, contraint par les quotas d’émissions désormais imposés par Bruxelles. L’Allemagne entend être un modèle en Europe en la matière.
Remises massives et objectifs CO₂ : une électrification sous contrainte
Pour faire tourner les usines, les géants allemands de l’automobile multiplient les remises spectaculaires. Chez Volkswagen, certains modèles comme l’ID.4 sont proposés avec des rabais allant jusqu’à 10 000 euros. L’objectif : écouler rapidement un maximum de voitures électriques, afin de remplir les carnets de commandes et aligner les bilans sur les nouvelles règles européennes. Mais attention, cette euphorie tarifaire pourrait bien être éphémère. En coulisses, la transition énergétique industrielle s’opère au prix d’une rentabilité fragilisée, d’autant que les moteurs thermiques sont encore plébiscités par une part importante des automobilistes, surtout ceux qui vivent dans les territoires ruraux.
Si l’industrie produit, le consommateur, lui, hésite encore. En juin 2025, Caradisiac note que les voitures électriques représentaient 18,4 % du marché allemand, contre 17 % en France. Des chiffres en hausse, certes, mais bien loin des 50 % évoqués côté production. En clair, la moitié des voitures produites seraient électriques, mais pas la moitié de celles vendues.
La fin des aides explique ce faible engouement. Ensuite, les infrastructures de recharge ne suivent pas la même dynamique : en dehors des centres urbains, la recharge rapide reste un luxe. Enfin, une partie de la production allemande est massivement orientée vers l’exportation, en particulier vers les marchés asiatiques ou nordiques, où les incitations gouvernementales demeurent attractives.



