Grève chez Ford : 2 900 emplois menacés en Allemagne, IG Metall exige des garanties

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Grève chez Ford : 2 900 emplois menacés en Allemagne, IG Metall exige des garanties
Grève chez Ford : 2 900 emplois menacés en Allemagne, IG Metall exige des garanties © L'Automobiliste

Les 11 500 salariés du groupe Ford en Allemagne sont appelés à une grève de 24 heures le mercredi 15 mai par le puissant syndicat IG Metall. Motif de la mobilisation ? La décision unilatérale du constructeur automobile américain de supprimer 2 900 postes d’ici fin 2027. Ford, dont le nom était autrefois synonyme d’innovation et de stabilité, fait désormais face à une révolte syndicale inédite sur le sol allemand.

Ford et la grève : un conflit social qui couve depuis novembre

Annoncée en novembre 2024, la nouvelle restructuration du géant américain Ford prévoit une cure d’amaigrissement sévère de ses effectifs en Allemagne. Dans un climat déjà tendu, IG Metall a choisi la confrontation en suspendant brutalement les négociations salariales et en appelant à une grève symbolique. « Jusqu’à ce que l’employeur présente une offre acceptable », a déclaré le syndicat, cité par BFMTV.

Cette grève n’a rien d’anecdotique, elle concerne notamment l’usine de Cologne, fleuron de la production européenne de Ford depuis 1930. C’est la première fois de son histoire que cette unité connaît une interruption d’activité pour motif social. Le syndicat, fort du soutien de 93,5 % de ses membres lors d’un vote organisé le 8 mai, n’a pas hésité à parler de « dernière chance » pour sauver des milliers d’emplois.

Suppressions de postes chez Ford : 2 900 aujourd’hui, des milliers hier

La décision de supprimer 2 900 emplois ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans une trajectoire inquiétante, depuis 2020, Ford a déjà supprimé 12 000 postes en Europe. Le groupe a fermé plusieurs usines, et la tendance ne semble pas prête de s’inverser. Selon Le Monde, l’usine de Saarlouis, à la frontière française, fermera ses portes en novembre 2025. Ce site historique, qui a vu sortir la mythique Ford Focus, ne produira plus aucun modèle à l’avenir.

Les conséquences sociales sont vertigineuses, près de 4 000 personnes seront touchées directement ou indirectement par cette fermeture. À cela s’ajoute la disparition annoncée de 1 800 emplois chez les sous-traitants du parc industriel de Saarlouis, comme l’a révélé le World Socialist Web Site. Dans le même temps, seuls 1 000 salariés seraient conservés jusqu’en 2032. Un plan que le syndicat juge flou, précaire et sans garanties réelles.

Une restructuration sous perfusion de 4,4 milliards d’euros… mais à quel prix ?

En mars 2025, Ford a promis d’investir 4,4 milliards d’euros pour sauver sa filiale allemande. Un montant impressionnant sur le papier, mais dont la contrepartie suscite l’ire syndicale. En échange de cette manne, la direction a aboli une clause qui engageait l’entreprise à compenser les pertes du site. Une manœuvre perçue comme un désengagement financier pur et simple. Pour IG Metall, cela revient à mettre en péril toute la stratégie industrielle à long terme.

Derrière ce coup de massue se cache une réalité économique plus large. Ford ne représente plus que 3,5 % des immatriculations neuves en Allemagne en 2024, contre 4,1 % en 2023. En parallèle, la montée en puissance des constructeurs chinois, dopés aux subventions étatiques, accentue la pression. Le virage vers le véhicule électrique, que Ford revendique à grand renfort de communication, reste flou et semble reposer sur des paris incertains.

La colère d’IG Metall et les silences de la direction

L’accusation est grave. Pour le syndicat, les décisions de Ford constituent une forme de « mort lente » pour les sites industriels allemands, comme l’a formulé Kerstin Klein, représentante d’IG Metall à Cologne, dans les colonnes de Reuters. Aucun plan concret, aucune garantie, aucune vision claire : c’est en substance ce que reproche IG Metall à la direction américaine.

Le mot d’ordre est simple, soit Ford revient à la table avec une offre digne de ce nom, soit le conflit s’envenimera. Dans un contexte où même le chancelier Olaf Scholz s’est dit préoccupé par la désindustrialisation rampante du pays, Ford apparaît comme un symbole de plus d’un système à bout de souffle. À défaut d’un sursaut, le spectre d’une « saignée industrielle » à l’échelle continentale devient de plus en plus réel.

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