Depuis de longues années, la vitesse autorisée aux États-Unis a surtout été déterminée par les habitudes des automobilistes. Aujourd’hui, le point de vue change avec de nouvelles méthodes qui cherchent à rendre les routes plus sûres en tenant compte des spécificités locales.
Une méthode basée sur le comportement des conducteurs
Autrefois, on fixait les limitations en appliquant la règle du « 85e percentile » : on plaçait la vitesse limite juste en dessous de celle à laquelle roulait la majorité des conducteurs. En pratique, cela signifiait que pousser un peu trop la vitesse finissait par être implicitement toléré, ce qui a mené à une augmentation progressive des vitesses permises.
Ce système n’était pas sans poser problème. La hausse des limitations rendait les routes plus risquées pour les piétons et les cyclistes, surtout dans les grandes villes où la cohabitation entre voitures, vélos et piétons se complique naturellement, ce qui soulève des questions de sécurité routière. La Federal Highway Administration a d’ailleurs précisé que cette méthode n’était pas une règle officielle et a mis en garde contre le risque d’encourager des excès de vitesse.
Le modèle « City Limits » se met en place
Pour répondre aux limites de l’ancienne méthode, un nouveau modèle baptisé « City Limits » a été lancé en 2020 par l’Association nationale des responsables des transports urbains. Celui-ci consiste à ajuster la vitesse autorisée en fonction de la situation locale plutôt qu’en se basant uniquement sur la manière de conduire des automobilistes. Par exemple, en centre-ville animé, la vitesse peut être réduite de 40 km/h à 32 km/h pour favoriser la sécurité collective, alors que dans une banlieue tranquille, elle pourrait être relevée à 56 km/h.
L’idée ici, c’est avant tout de donner la priorité à la sécurité de tous, en tenant compte des réalités de chaque secteur, afin de réduire les accidents et d’améliorer la cohabitation entre les différents usagers de la route.
New York montre l’exemple
New York a joué la carte de l’innovation en lançant son programme Vision Zéro en 2014 pour diminuer la vitesse en ville. Depuis, la ville a réussi à revoir ses limitations de vitesse et a constaté une baisse de 30 % des accidents mortels en seulement cinq ans. Ce succès s’est aussi traduit par des économies dépassant les 90 millions d’euros en frais de santé publique.
Même si l’objectif de « zéro mort » peut paraître ambitieux à certains, l’expérience new-yorkaise prouve que des actions bien menées sur les limitations de vitesse peuvent produire des résultats très encourageants.




