Voici comment savoir si vous êtes concerné par le certificat médical obligatoire au volant, selon votre année de naissance

Permis à vie après 75 ans en France, mais gare aux pièges : pathologies, assurance, vision qui baisse. Ce que le Parlement européen vient de trancher pourrait tout changer pour les seniors au volant.

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Voici comment savoir si vous êtes concerné par le certificat médical obligatoire au volant, selon votre année de naissance
Voici comment savoir si vous êtes concerné par le certificat médical obligatoire au volant, selon votre année de naissance © L'Automobiliste

Le Parlement européen a tranché sur un point sensible du dossier du permis de conduire : dans sa position sur la révision des règles européennes en la matière, il a rejeté l’instauration d’un contrôle médical obligatoire pour les personnes âgées qui reposerait sur l’âge comme seul critère.

Les eurodéputés proposent à la place de laisser chaque État membre libre d’instaurer ou non ce type de contrôle, en misant plutôt sur des systèmes d’auto-évaluation combinés à des campagnes pédagogiques nationales.

Cette position, adoptée dans le cadre d’un projet de révision plus large visant à harmoniser les systèmes de permis en Europe, ne vaut pas loi. Au moment où un article consacré au sujet a été rédigé, en avril 2025, seule la position du Parlement était connue : des négociations restaient à mener avec chacun des États membres. La réglementation française, elle, demeurait pleinement applicable en l’état.

En France, un permis valable à vie

La règle en vigueur pour les permis de conduire des catégories A et B, moto et auto, est celle de la validité à vie. Aucune visite médicale n’est imposée aux particuliers pour conserver leur permis, et aucune limite d’âge n’est fixée par la loi, confirme le magazine Pleine Vie. Passé 75 ans, l’âge en lui-même n’entraîne donc aucune restriction : c’est l’état de santé qui doit guider la décision de rester au volant, bien plus que le nombre d’années.

Le régime change en revanche dès qu’une pathologie entre en jeu. Épilepsie, troubles sévères de l’équilibre, certaines atteintes neurologiques : ces affections sont incompatibles avec la conduite, quel que soit l’âge du conducteur. Le médecin traitant, s’il constate une telle pathologie, peut orienter son patient vers un médecin agréé par la préfecture.

Une fois le diagnostic posé, le préfet peut décider d’aménagements du permis, de restrictions, voire d’une suspension. Ignorer ces restrictions expose à des sanctions et, en cas d’accident, à une absence de couverture par l’assurance.

Vue, réflexes et primes d’assurance

Avec l’âge, la vision se fragilise : sensibilité accrue aux éblouissements, difficulté croissante à lire les panneaux ou à anticiper les obstacles, notamment la nuit. Des contrôles réguliers chez l’ophtalmologiste et le choix de rouler de préférence en journée sont recommandés. Le temps de réaction s’allonge aussi avec le vieillissement, ce qui complique la gestion des imprévus ; privilégier les trajets aux heures creuses limite les situations exigeant des réflexes rapides.

Aucune obligation de certificat médical ne pèse sur les conducteurs de plus de 75 ans, mais certains assureurs peuvent demander des informations complémentaires sur leur état de santé, en particulier en cas de pathologie connue ou de sinistre récent. Le Crédit Agricole indique que cette pratique reste ponctuelle, mais qu’elle peut influencer les conditions de souscription ou de renouvellement d’un contrat.

À l’inverse, la longue expérience et le bon dossier de nombreux conducteurs âgés jouent parfois en leur faveur, même si d’autres assureurs estiment que l’âge accroît le risque et appliquent des primes plus élevées ou des conditions plus strictes.

Les constructeurs proposent des équipements pensés pour compenser ces difficultés : sièges pivotants, détecteurs d’angle mort, systèmes d’alerte de franchissement de ligne. L’Union européenne recommande par ailleurs une auto-évaluation honnête portant sur la vue, l’ouïe, les réflexes, la fatigabilité et les difficultés à conduire de nuit ou sous la pluie, à évoquer avec son médecin traitant en cas de doute ou de nouvelle prescription. Des stages volontaires existent aussi pour rafraîchir ses connaissances et reprendre confiance au volant.

L’organisation Les Petits Frères des Pauvres rappelle que la capacité à se déplacer de façon autonome reste fondamentale pour le bien-être des personnes âgées et la lutte contre leur isolement. Quand la conduite devient source de stress ou de danger, des alternatives existent : transports publics, services dédiés, entourage.

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