Les conducteurs ayant reçu une amende du radar de chantier à la porte de Montreuil peuvent souffler : le parquet de Rennes a annulé tous les procès-verbaux. Cette décision sanctionne les défaillances du dispositif, confirmant les alertes de l’association 40 millions d’automobilistes. Installé le 24 août 2026 sur le périphérique parisien avec une limitation à 30 km/h, le radar flashait de manière désordonnée, causant un nombre anormal de contraventions. France Info rapporte que la préfecture de police a suspendu la production de procès-verbaux dès la détection des anomalies.
Annulation des procès-verbaux : les éléments clés
Le radar de chantier installé fin août sur le périphérique parisien a rapidement montré des signes de défaillance. Estelle Balit, déléguée interministérielle à la Sécurité routière, a déclaré à l’AFP : « Dès le début de grosses difficultés techniques se sont présentées, le radar fonctionnant par intermittence. Très rapidement, il a été décidé de neutraliser les productions de procès-verbaux, le temps d’expertiser ce qui n’allait pas. » L’appareil déclenchait des flashes incohérents avec le trafic. L’association 40 millions d’automobilistes a documenté l’anomalie en enregistrant 18 flashes en 4 minutes et 39 secondes, un chiffre aberrant pour un tronçon fréquenté par 80 000 véhicules par jour. Devant l’ampleur des dysfonctionnements, la préfecture de police a interrompu l’émission de contraventions avant même l’intervention judiciaire.
Le parquet de Rennes, compétent pour les infractions routières automatisées, a annulé tous les procès-verbaux émis par le radar défaillant. Le procureur a expliqué à BFM TV que cette décision visait à garantir l’égalité entre les usagers verbalisés et ceux qui ne l’ont pas été en raison des défaillances techniques. Les automobilistes concernés recevront un courrier officiel confirmant l’annulation, sans démarche administrative nécessaire. Les paiements effectués seront remboursés automatiquement. Étant donné que certains excès de vitesse n’ont pas été sanctionnés à cause des pannes intermittentes, tous les verbalisés bénéficient du même traitement.
Le rôle crucial de 40 millions d’automobilistes
L’association 40 millions d’automobilistes a joué un rôle clé dans la révélation du scandale. Dès le début, ses membres ont signalé des anomalies. L’association a ensuite procédé à une observation minutieuse, chronométrant et comptabilisant les flashes. Le relevé de 18 flashes en moins de 5 minutes a constitué une preuve irréfutable du dysfonctionnement. Selon Ouest-France, l’association avait dénoncé le radar comme une « pompe à fric » sans vertu pédagogique, remettant en question la légitimité de son installation.
La préfecture de police et le parquet de Rennes ont finalement donné raison aux contestataires. L’association 40 millions d’automobilistes reconnaît dans un communiqué : « La décision de la Préfecture de Police marque le succès de notre action pour les droits des automobilistes. » Outre l’annulation des PV, la reconnaissance officielle du dysfonctionnement critique le déploiement hâtif de dispositifs automatisés sans garantie de fiabilité. Le radar sera déplacé après une expertise technique complète. Des discussions se poursuivent entre les services de l’État et la ville de Paris pour déterminer un nouveau lieu d’implantation, sans calendrier précis pour l’instant. L’appareil continue de flasher, sans émettre de contraventions, pour conserver un « effet pédagogique » selon le procureur.
Procédures pour les automobilistes concernés
Si vous avez été verbalisé par le radar de la porte de Montreuil entre le 24 août et début septembre 2026, vous recevrez un courrier automatique de la préfecture de police vous informant de l’annulation. Aucune action n’est requise de votre part. Si vous avez déjà payé l’amende, le remboursement sera effectué par virement ou chèque selon le mode de paiement initial. Les Voitures indique que les points de permis retirés seront également restitués. Pour ceux qui n’ont pas encore payé, l’avis de contravention est nul et non avenu. En cas de doute ou d’absence de courrier d’ici fin septembre, vous pouvez contacter le Centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR) de Rennes.



