CATL abandonne la batterie solide et mise tout sur le lithium-air : les ingénieurs du secteur n’en reviennent pas

Imaginez des véhicules parcourant 1 500 km avec une seule charge !

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CATL abandonne la batterie solide et mise tout sur le lithium-air : les ingénieurs du secteur n'en reviennent pas
CATL abandonne la batterie solide et mise tout sur le lithium-air : les ingénieurs du secteur n’en reviennent pas © L'Automobiliste

Dans le monde des technologies innovantes, CATL (Contemporary Amperex Technology Co. Limited) se profile comme un acteur incontournable. Lors du forum « Powering the Nation » organisé en Chine, CATL a fait part de son intérêt pour une chimie de batteries prometteuse : le lithium‑air. Cette annonce, plus stratégique que commerciale, montre la volonté de l’entreprise de rester à la pointe en explorant des alternatives potentiellement révolutionnaires aux batteries actuelles.

Ce que CATL prépare

CATL, géant chinois des batteries, continue d’influencer l’industrie automobile mondiale grâce à ses avancées. Au forum, Wu Kai, le scientifique en chef de CATL, a expliqué la direction prise autour du lithium‑air. Ce n’est pas une promesse de lancement imminent, mais un signe fort d’intérêt pour cette chimie dite « respirante » en raison de son mode de fonctionnement particulier.

La technologie lithium‑air utilise une anode en lithium métallique et une cathode qui puise l’oxygène dans l’air, ce qui la distingue nettement des batteries lithium‑ion classiques où les ions lithium circulent entre deux électrodes. Théoriquement, cette batterie « respirante » pourrait atteindre une densité énergétique de 12 000 Wh/kg, se rapprochant de celle de l’essence, évaluée à 13 000 Wh/kg.

Progrès en labo et limites techniques

Selon des travaux en laboratoire, certains prototypes lithium‑air auraient déjà dépassé les 1 200 Wh/kg, contre environ 200 Wh/kg pour les technologies lithium‑ion actuelles. Concrètement, cela laisserait envisager des véhicules capables de parcourir autonomie de 1 500 km sur une seule charge.

Mais ces résultats s’accompagnent de défis importants, notamment la dégradation des batteries. Ces batteries sont très sensibles à l’humidité et au dioxyde de carbone (CO2), et la durée de vie ainsi que la stabilité des matériaux restent à améliorer. Pour l’instant, le lithium‑air demeure surtout confiné aux laboratoires et ne devrait pas être commercialisé avant la prochaine décennie, si toutefois les verrous techniques sont levés.

À court terme, CATL continue de capitaliser sur ses technologies industrialisées et prépare l’avenir. L’entreprise investit notamment dans le lithium‑fer‑phosphate (LFP) et le batteries sodium-ion, deux technologies qui offrent des avantages économiques et une meilleure sécurité. Parallèlement, CATL étudie les électrolytes solides, qui pourraient faire office d’étape intermédiaire avant une adoption éventuelle du lithium‑air, en améliorant la sécurité des batteries.

Où cela peut nous mener

L’annonce de CATL montre qu’elle anticipe sur le long terme. Selon CarNewsChina, qui a comparé la densité énergétique du lithium‑air et celle de l’essence, la technologie promettrait une transformation importante si elle sort des laboratoires. Les précédentes innovations rapides de CATL, comme l’industrialisation de la batterie LFP, illustrent sa capacité à franchir des obstacles techniques.

CATL estime que le lithium‑air pourrait représenter la prochaine grande rupture technologique. Néanmoins, il faut garder de la prudence : une percée en laboratoire ne garantit pas une production à grande échelle sûre et abordable. En définissant cette orientation, Wu Kai consolide l’image de CATL comme une entreprise en quête constante d’améliorations.

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