Depuis le 1er janvier 2025, la Suisse a instauré une taxe de transit spécialement pour les automobilistes étrangers qui voyagent avec leur véhicule aménagé, comme les camping-cars. Cette nouvelle mesure, qui alimente déjà de vifs débats dans le pays, vise à réguler la circulation et à répondre aux préoccupations liées aux embouteillages, notamment autour du célèbre tunnel du Gothard. Avec ce dispositif, les autorités espèrent fluidifier le trafic et apaiser les frustrations des habitants face à l’augmentation continue de la circulation.
Zoom sur la taxe
La taxe se calcule selon la durée du séjour en Suisse plutôt que sur le nombre de kilomètres parcourus. Pour un séjour de 1 à 30 jours consécutifs, les automobilistes doivent payer 3,25 CHF par jour, avec un montant minimum de 25 CHF. Une option est également proposée pour ceux qui prévoient de nombreux allers-retours dans l’année : 10 jours non consécutifs pour 32,50 CHF. Pour un séjour mensuel, le tarif s’élève à 58,50 CHF, tandis qu’une formule annuelle coûte 650 CHF.
En plus de cette taxe, certains tunnels alpins, comme celui de Munt-la-Schera, appliquent un péage spécifique. Le tarif pour traverser ce tunnel est de 44 CHF aller-retour, montant qui vient s’ajouter aux frais déjà engagés par les usagers.
Paiement et situation actuelle
Les automobilistes ont le choix de régler la taxe à l’avance via une application mobile dédiée ou directement au poste frontière en entrant en Suisse, ce qui s’inscrit dans un système de péage moderne. Ce dispositif est pensé pour simplifier la démarche tout en s’assurant que tous les conducteurs respectent ces nouvelles règles.
À l’heure actuelle, des bouchons records se forment devant les entrées du tunnel du Gothard sur l’autoroute A2, avec des temps d’attente pouvant atteindre deux heures en période de pointe. Cette autoroute est un axe important pour les vacanciers en provenance d’Europe du Nord, se dirigeant vers l’Italie, le sud de la France ou les Alpes autrichiennes.
Une taxe en plus ?
Face aux embouteillages persistants, une nouvelle proposition a été avancée pour ajouter une taxe supplémentaire sur le transit. Soutenue par Simon Stalder, élu centriste du canton d’Uri, ainsi qu’une vingtaine d’autres parlementaires suisses, cette mesure envisage une taxe comprise entre 30 et 60 CHF, selon le volume de la circulation. Cette somme viendrait s’ajouter aux 40 CHF déjà demandés pour la vignette autoroutière valable quatorze mois. La cible serait principalement les automobilistes étrangers qui ne passent pas au moins une nuit en Suisse.
Cette proposition sera examinée par le parlement fédéral suisse en septembre prochain. Elle s’appuie sur un système technique sophistiqué utilisant des enregistrements vidéo des plaques d’immatriculation aux points d’entrée et de sortie du pays.
Questions et remarques
Bien que ce projet ait été discuté par le passé sans concrétisation, il continue de susciter des interrogations sur son efficacité et sur sa compatibilité avec les accords européens sur la sécurité routière. Certains observateurs notent que cette mesure pourrait pousser davantage d’automobilistes à emprunter des routes alternatives via la France, allongeant ainsi leur trajet pour un coût similaire.
Pour ceux qui traversent la Suisse en camping-car, il est donc vivement recommandé de bien se renseigner sur ces nouvelles règles afin d’éviter toute mauvaise surprise lors du passage. Comme le rappelait Simon Stalder, « il n’y a pas qu’une seule réglementation qui s’applique à tous les véhicules en Suisse », ce qui rend indispensable une bonne préparation avant chaque voyage dans ce pays alpin.



