Depuis le 1er janvier 2026, de nombreuses plaques d’immatriculation roses circulent sur les routes françaises. Elles concernent les véhicules dotés d’une immatriculation provisoire, reconnaissable aux lettres « WW », ainsi que ceux qui roulent avec un certificat W garage. Sur fond rose, les caractères apparaissent en noir, et la date de fin de validité est inscrite à droite, sous forme de mois et d’année.
L’objectif est simple : permettre aux forces de l’ordre de repérer plus facilement les véhicules encore couverts par cette immatriculation temporaire, et ceux qui roulent au-delà de leur date limite.
Ce rose s’ajoute à d’autres couleurs, plus anciennes, qui se croisent régulièrement au milieu du flot habituel de plaques blanches. Rouge, verte ou bleue, chacune répond à un statut précis, encadré par le Code de la route.
Les plaques rouges signalent un départ programmé hors de l’Union européenne
Une plaque rouge, aux caractères blancs ou argentés, correspond à un régime dit de transit temporaire, le TT, explique actu.fr. Elle équipe des véhicules neufs achetés hors taxes en France par des personnes qui ne résident pas dans l’Union européenne, avec l’obligation de faire sortir la voiture du territoire après un séjour limité. Ces véhicules bénéficient d’une exonération de TVA et de droits de douane.
Le public concerné est varié : expatriés de retour pour l’été, touristes étrangers, étudiants ou stagiaires venus le temps d’une mission, journalistes accrédités par le ministère des Affaires étrangères. Pour en bénéficier, il faut avoir sa résidence principale hors de l’Union européenne et des DROM-COM, ne pas exercer d’activité rémunérée durant le séjour, avoir plus de 21 ans et le permis depuis plus d’un an.
Seuls le conjoint, les parents et les enfants du propriétaire ont le droit de conduire le véhicule, et doivent pouvoir justifier ce lien de parenté en cas de contrôle.
La durée d’immatriculation va de 3 semaines à 6 mois, portée jusqu’à 12 mois pour les étudiants et les stagiaires sur dérogation. La date limite figure sur la partie droite de la plaque, à l’emplacement habituellement réservé à l’identifiant territorial du système d’immatriculation (SIV) : pour une validité jusqu’en juillet 2023, on y lisait par exemple « 07 23 ».
Passé ce délai, le véhicule n’est plus assuré ni autorisé à circuler sous ce régime. À l’échéance, la voiture repart via un contrat de reprise, sauf si son conducteur choisit de rester en France : il doit alors s’acquitter des taxes et déposer une demande d’immatriculation classique au moins 15 jours avant la fin du contrat TT.
La démarche initiale, elle, passe par un bureau de douane et le formulaire référencé 846B, qui permet à la préfecture de délivrer l’immatriculation temporaire.
Contrairement à une idée répandue, cette plaque rouge ne désigne pas des conducteurs dangereux. Il s’agit le plus souvent de familles en visite l’été, parfois peu familières des routes locales. En cas d’accrochage, le constat amiable se remplit normalement, à condition de noter la date de validité inscrite sur la plaque.
Le vert distingue les véhicules diplomatiques et consulaires
Fond vert, caractères oranges pour le corps diplomatique ou blancs pour le corps consulaire : ces plaques, prévues par un arrêté du 9 février 2009, équipent les véhicules d’ambassades, de consulats ou d’organisations internationales. Les codes CD, C, K ou CMD précisent le statut exact du propriétaire. Elles restent assez rares, souvent concentrées autour des grandes villes.
Leur présence signale aux forces de l’ordre que le conducteur ou les passagers peuvent bénéficier d’une immunité, ce qui complique certaines poursuites pour infractions mineures. Le Code de la route reste toutefois applicable à tous. En cas d’accident, le constat se remplit comme d’habitude, en notant soigneusement la mention diplomatique et le numéro complet de la plaque.
La procédure d’indemnisation peut simplement durer plus longtemps, les assureurs pouvant échanger avec le ministère des Affaires étrangères pour instruire le dossier.
Bleu militaire, jaune d’un autre temps, orange venu d’ailleurs
Une plaque bleue signale le plus souvent un véhicule militaire ou appartenant à un personnel des Forces françaises stationnées en Allemagne. À ne pas confondre avec une plaque verte.
Certaines voitures roulent encore avec une plaque blanche à l’avant et jaune à l’arrière, un format abandonné en 2009 avec l’arrivée du SIV. Les véhicules qui n’ont jamais changé d’immatriculation depuis peuvent conserver cet ancien format, de plus en plus rare sur les routes.
Enfin, dans les zones touristiques comme le Morbihan, en Bretagne, il n’est pas rare de croiser des plaques jaunes ou orange appartenant à des visiteurs européens. Les Pays-Bas utilisent un fond jaune avec des caractères noirs à l’avant comme à l’arrière ; le Luxembourg affiche un jaune rétro-réfléchissant ; le Royaume-Uni réserve le jaune à l’arrière et le blanc à l’avant ; la Belgique conserve un fond blanc avec des caractères bordeaux. Ces différences correspondent simplement aux systèmes d’immatriculation nationaux et n’ont rien de particulier en France.
En France, un automobiliste ne peut pas choisir la couleur de sa plaque : les véhicules particuliers doivent arborer un fond blanc réfléchissant avec des caractères noirs. Seules les dérogations prévues pour les statuts diplomatique, militaire ou de transit temporaire permettent d’échapper à cette règle.





