Voiture solaire : Hongqi promet 400 kWh d’énergie grâce à cette technologie

Hongqi promet 80 km d’autonomie quotidienne grâce au toit solaire en pérovskite de son EHS7. Mais le véhicule livré aujourd’hui n’alimente que la climatisation et le mode sentinelle, pas la propulsion. Nous avons analysé l’écart entre promesse marketing et réalité terrain, comparé avec Nissan Ariya et Fisker Ocean, et évalué ce que gagne vraiment l’automobiliste au volant.

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Voiture solaire : Hongqi promet 400 kWh d'énergie grâce à cette technologie
Voiture solaire : Hongqi promet 400 kWh d’énergie grâce à cette technologie © L'Automobiliste

Hongqi promet une autonomie quotidienne de 80 km grâce à un toit solaire en pérovskite. En théorie, l’idée est séduisante. En pratique, l’EHS7 ne recharge pour l’instant que la climatisation et le mode sentinelle. L’écart entre cette promesse et la réalité est tel qu’une démonstration sur route s’impose avant de tirer des conclusions. Voyons ce que cela change véritablement pour l’utilisateur.

L’EHS7 de Hongqi : fiche technique et positionnement

Le Hongqi EHS7, également connu sous le nom de Tiangong 08 en Chine, mesure 4 925 mm de long, 1 950 mm de large et 1 680 mm de haut. Son moteur électrique de 253 kW (339 ch) lui confère une autonomie WLTP de 475 km, un chiffre dans la moyenne pour les SUV électriques. En juillet 2026, 15 445 exemplaires avaient été livrés, montrant que ce modèle est déjà produit à grande échelle. En somme, Hongqi propose un SUV électrique standard, similaire aux BYD Tang ou Nio ES6.

La particularité de l’EHS7 réside dans son toit panoramique doté de cellules photovoltaïques en pérovskite, fournies par Mailuo Energy. Ce matériau est plus flexible et léger que le silicium, offrant un rendement supérieur. Initialement testés en format 300×300 mm², les panneaux ont évolué vers des modules d’un mètre carré. Ce toit génère 300 W en plein soleil et promet 400 kWh par an, soit environ 2 500 km annuels ou près de 7 km par jour. Cependant, Hongqi avance 80 km quotidiens, soulevant des interrogations sur cet écart.

L’autonomie solaire réelle : démystifier les 400 kWh annuels

Actuellement, l’énergie solaire captée par le toit ne recharge pas les batteries de propulsion, mais alimente les équipements auxiliaires comme la climatisation et le mode sentinelle. Hongqi admet que le toit solaire vise surtout à réduire la consommation de ces équipements plutôt qu’à offrir une autonomie supplémentaire. Ainsi, l’EHS7 ne roule pas grâce au soleil, mais consomme moins d’énergie pour vous rafraîchir ou surveiller le véhicule. Une nuance importante pour ceux qui espéraient des économies sur la propulsion.

Pour atteindre les 80 km par jour, Hongqi envisage d’étendre les cellules pérovskite à d’autres surfaces, espérant produire 10 kWh par jour. Avec une consommation moyenne de 15 kWh/100 km, cela pourrait donner 67 à 80 km d’autonomie. Néanmoins, aucun test routier ne valide ces chiffres. Marie de Frandroid souligne que sans démonstration en conditions réelles, ces promesses restent spéculatives. Les conditions idéales de luminosité sont rares, notamment en France où l’on compte 150 à 200 jours de soleil par an.

Nissan, avec son prototype Ariya doté d’un toit solaire, revendique 23 km d’autonomie quotidienne dans des conditions optimales, soit environ un tiers de ce que promet Hongqi. Nissan se base sur des tests réels et des données météorologiques moyennes, contrairement à Hongqi qui projette des surfaces captantes plus étendues. Sans validation sur le terrain, il est difficile de trancher entre sous-évaluation et survente.

Ce que l’automobiliste gagne (ou perd) avec ce système

Pour l’utilisateur, l’avantage immédiat réside dans une climatisation gratuite, économisant 1 à 2 kWh par jour en été, soit 15 à 30 km d’autonomie préservée. Le mode sentinelle consomme également moins. Annuellement, l’économie pourrait atteindre 2 000 km, ce qui n’est pas négligeable pour ceux parcourant 15 000 km par an. De plus, le véhicule reste frais sans être branché, ce qui est pratique pour les stationnements prolongés au soleil.

Cependant, le système actuel ne confère aucun gain d’autonomie en propulsion. Dans les régions peu ensoleillées, la production diminue de 30 à 40 % par rapport aux attentes. En hiver, elle chute de 60 %. La pérovskite, bien que performante, est sensible aux variations de luminosité. Par temps couvert, la puissance tombe à 50-80 W, insuffisante pour compenser la consommation de la climatisation. Le système devient donc peu efficace pendant la moitié de l’année sous nos latitudes.

Hongqi reconnaît que les matériaux sont vulnérables à l’eau, à l’oxygène et aux UV. Sans encapsulation parfaite, la pérovskite se dégrade rapidement. En Chine, des utilisateurs rapportent une baisse de rendement de 15 à 20 % après 18 mois. Aucune garantie spécifique n’est communiquée sur la durée de vie du système, et un remplacement coûterait entre 2 000 et 3 000 euros, annulant les économies d’énergie. Certains assureurs se méfient déjà de ces technologies non éprouvées.

Historique des toits solaires automobiles : pourquoi Fisker a échoué, pourquoi Hongqi pourrait réussir

Fisker, avec son Ocean, promettait 2 400 km annuels, mais les utilisateurs n’ont obtenu que 800 à 1 200 km. La faillite de Fisker en 2024 a mis fin au projet. Le Karma Revero, avec ses 6 km quotidiens promis, n’en livrait que 2 à 3 km. Les panneaux en silicium rigide, peu efficaces et fragiles, n’ont pas convaincu, poussant les constructeurs à investir plutôt dans des batteries plus performantes.

Hongqi espère surmonter ces limites grâce à la pérovskite, qui offre un meilleur rendement, flexibilité et légèreté. Cependant, sa vulnérabilité aux éléments demeure un problème. Hongqi promet 80 km gratuits par jour, une promesse qui rappelle celles de Fisker. Néanmoins, Hongqi a livré 15 445 véhicules équipés, indiquant une industrialisation réussie. Pourtant, l’écart entre équipement auxiliaire et autonomie complète interroge. L’objectif de couvrir 85 % des besoins quotidiens des automobilistes chinois reste pour l’instant un argument marketing.

Verdict pour l’automobiliste : faut-il en vouloir ?

Actuellement, le toit solaire Hongqi offre un bénéfice réel mais limité : climatisation et mode sentinelle gratuits. Pratique, sans être révolutionnaire. Les 80 km quotidiens promis sont encore hypothétiques. Pour ceux vivant dans le sud de la France, roulant peu et se garant souvent au soleil, cela peut représenter une économie de 1 500 à 2 000 km par an. Pour d’autres, notamment sous un ciel normand, l’apport sera minime. Les innovations comme la recharge ultra-rapide semblent plus prometteuses à court terme. Une démonstration sur route est nécessaire avant de valider cette prétendue révolution. Pour l’instant, Hongqi vend un concept attrayant, pas encore une solution éprouvée.

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