Stellantis triple son bénéfice net au premier semestre 2026, porté par une marque qu’on attendait plus

Stellantis triple son bénéfice, l’Amérique du Nord cartonne, et une pépite chinoise multiplie ses ventes par six. Comment un constructeur en difficulté a-t-il réussi ce virage spectaculaire en quelques mois seulement ?

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Stellantis triple son bénéfice net au premier semestre 2026, porté par une marque qu'on attendait plus
Stellantis triple son bénéfice net au premier semestre 2026, porté par une marque qu’on attendait plus © L'Automobiliste

Le bénéfice net de Stellantis s’établit à 1,733 milliard d’euros au premier semestre 2026, plus du triple du montant enregistré à la même période un an plus tôt, confirme Auto News. Un an auparavant, sur la période comparée, le groupe affichait une perte nette de 2,256 milliards d’euros, désormais transformée en un gain de 670 millions d’euros.

Le résultat opérationnel ajusté du trimestre passe de 213 à 773 millions d’euros, une progression de 263 %. Sur l’ensemble du semestre, la marge opérationnelle atteint 2,1 %, contre 0,7 % au premier semestre 2025. Un niveau qui reste modeste face à d’autres constructeurs généralistes, dans un contexte où l’électrification et les investissements technologiques continuent de peser sur les comptes.

Cette inversion de trajectoire intervient depuis l’arrivée d’Antonio Filosa à la tête du groupe, après plusieurs trimestres compliqués hérités de la gouvernance précédente.

Les États-Unis, moteur de la croissance

Le marché nord-américain porte l’essentiel de cette progression. Les ventes y augmentent de 6 % aux États-Unis et de 17 % au Mexique. Le Jeep Grand Wagoneer, le Dodge Durango et le RAM 1500 figurent parmi les modèles à succès cités par le groupe. Environ 22,2 milliards de dollars ont été injectés ces derniers mois dans la région, un effort qui contribue à cette réussite commerciale.

En Europe, la situation reste plus contrastée. Les ventes progressent pourtant de 3 % au Royaume-Uni inclus, mais la part de marché du groupe recule à 16 %, ou 16,8 % en intégrant Leapmotor. Ce repli ne s’explique pas par une contraction du marché européen, qui stagne toujours en dessous de ses niveaux d’avant pandémie, mais par l’arrivée toujours plus nombreuse de marques chinoises sur les mêmes segments.

Stellantis mise sur de nouveaux lancements pour inverser la tendance :

  • la Fiat Grande Panda en version thermique
  • la Lancia Gamma
  • le DS N°7
  • le Jeep Compass 4xe

Le groupe conserve par ailleurs son leadership sur les utilitaires légers, avec 28,7 % de part de marché, une position qui doit beaucoup à sa production réalisée à Vigo.

Leapmotor, une arme secrète venue de Chine

Le vrai relais de croissance vient d’ailleurs. Leapmotor, marque partenaire encore discrète pour le grand public, voit ses ventes multipliées par six sur un an, une dynamique qui se reproduit également en Chine face aux constructeurs locaux.

Stellantis a racheté 20 % de Leapmotor en octobre 2023, avant la création d’une coentreprise détenue à 51 % par Stellantis et 49 % par Leapmotor, dédiée à la distribution et à la production hors de Chine. Stellantis ne détient pas le contrôle total du constructeur chinois, mais l’accord profite aux deux parties : Leapmotor gagne un accès plus rapide à l’Europe et à l’Amérique latine, Stellantis s’appuie sur un partenaire à croissance rapide et sur son savoir-faire en véhicules électriques.

L’histoire de Leapmotor tient en quelques chiffres. Après le lancement de ses deux premiers modèles, la T03 et la C11, en 2020, la marque dépasse les 100 000 véhicules vendus en 2022, avec une croissance de 158 % sur un an.

Les volumes atteignent 144 200 unités en 2023, puis doublent en 2024 pour s’établir à 293 700 unités, un tournant attribué à des produits plus compétitifs. En 2025, les ventes doublent à nouveau, frôlant les 600 000 unités, portées par quatre nouveaux modèles :

  • la berline B01
  • la compacte B05
  • le SUV compact B10
  • le grand SUV D19

Sur le premier semestre 2026, Leapmotor a vendu 375 000 voitures dans le monde, en hausse de 69 % sur un an. Le rythme ralentit par rapport aux années précédentes, en raison notamment des conditions difficiles du marché chinois, marqué par une guerre des prix qui met tous les constructeurs sous pression. Les exportations représentent désormais environ un tiers des ventes totales de la marque.

Les profits reculent en revanche au Moyen-Orient, dans un contexte géopolitique tendu, et en Asie-Pacifique, où le recul des ventes de la Peugeot 408 pèse sur les résultats. Stellantis place désormais ses espoirs sur les futurs modèles co-développés avec Dongfeng en Chine.

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