Stellantis envisage d’ouvrir ses usines espagnoles au chinois Leapmotor

Stellantis envisage d’ouvrir plusieurs lignes de production de ses usines espagnoles à son partenaire chinois Leapmotor, une petite révolution.

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Stellantis envisage d’ouvrir ses usines espagnoles au chinois Leapmotor © L'Automobiliste

Le partenariat entre Stellantis et le géant chinois Leapmotor vient de prendre un nouveau tournant. Le géant européen réfléchit à ouvrir ses usines espagnoles à son partenaire. Les salariés sont inquiets face à ce rapprochement.


Stellantis pourrait accueillir Leapmotor dans ses usines d’Espagne


Stellantis franchit une nouvelle étape dans son rapprochement avec le constructeur chinois Leapmotor. Le groupe automobile envisage d’accueillir plusieurs productions de son partenaire dans ses usines espagnoles, avec en ligne de mire une montée en puissance des véhicules électriques en Europe et la sécurisation de milliers d’emplois industriels. Déjà actionnaire à hauteur d’environ 21 % du constructeur chinois depuis 2023, le groupe veut désormais intégrer davantage Leapmotor dans son dispositif industriel européen. Cette décision intervient dans un contexte de forte pression sur le marché des véhicules électriques et de concurrence accrue des marques chinoises en Europe.

Le cœur du projet se situe à Saragosse, dans l’usine historique d’Opel exploitée par Stellantis. Selon le communiqué officiel publié par le constructeur, une ligne pourrait être dédiée à la production du Leapmotor T03 (anciennement appelé B10), un SUV compact électrique chinois dont l’assemblage pourrait débuter dès cette année 2026.

Ainsi, Stellantis considère désormais son alliance avec Leapmotor comme un modèle pour ses futures coopérations avec des constructeurs chinois. Carlos Tavares a notamment indiqué que ce partenariat permettait d’attirer une nouvelle clientèle sans cannibaliser les marques historiques du groupe.


Une usine Stellantis de Madrid pourrait passer sous contrôle de Leapmotor


L’autre volet stratégique concerne l’usine de Villaverde, à Madrid. Le site produit actuellement la Citroën C4, mais la fin programmée de ce modèle pousse Stellantis à chercher une nouvelle affectation industrielle. Dans son communiqué, le groupe explique vouloir attribuer la production de futurs véhicules Leapmotor à cette usine espagnole à partir du premier semestre 2028. Plus encore, Stellantis envisage de transférer la propriété du site à la filiale espagnole de Leapmotor International.

Cette annonce marque un tournant industriel majeur. Il s’agirait de l’une des premières fois qu’un grand constructeur automobile européen confierait directement une usine à une coentreprise liée à un constructeur chinois pour produire des véhicules destinés au marché européen. Actuellement, environ 1 500 salariés travaillent sur le site madrilène. L’opération doit permettre de préserver l’activité industrielle locale alors que la production de la Citroën C4 arrive à son terme. Ainsi, près de 4 400 salariés travaillent à Saragosse, où la production du Leapmotor T03 doit être intégrée.

Leapmotor International, détenue à 51 % par Stellantis et à 49 % par Leapmotor, dispose déjà des droits exclusifs de fabrication et de distribution des modèles du constructeur chinois hors de Chine continentale. Selon Stellantis, plus de 40 000 véhicules ont été expédiés en Europe en 2025 grâce à ce partenariat.


Stellantis veut réduire les coûts face à la pression chinoise


Au-delà des usines espagnoles, cette coopération illustre surtout l’évolution profonde de la stratégie industrielle de Stellantis. Confronté à une baisse de compétitivité sur les véhicules électriques d’entrée et de milieu de gamme, le groupe cherche désormais à s’appuyer sur les technologies chinoises pour accélérer ses développements.

Le partenariat prévoit notamment des achats conjoints de composants afin de bénéficier de la puissance industrielle chinoise tout en conservant une fabrication européenne. Stellantis explique vouloir « renforcer la compétitivité-prix » de ses véhicules électriques grâce à cette mutualisation. D’autres constructeurs européens historiques, comme Volkswagen ou Ford, réfléchissent à emboîter le pas avec leurs partenaires asiatiques.

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