Un contrôle a suffi. Le 22 juillet 2026, sur l’autoroute A1, dans le nord de l’Allemagne du côté de Hambourg, la police a relevé 51 infractions en seulement 13 minutes, informe L’Internaute. Montant total des amendes : 9 180 euros, soit environ 700 euros par minute.
Aucune de ces infractions ne concerne un excès de vitesse. Tous les automobilistes verbalisés ont ignoré un même panneau : une croix rouge lumineuse signalant la fermeture d’une voie.
Un poids lourd en panne, des conducteurs qui passent quand même
L’origine de l’incident tient en une image banale de route d’été : un camion tombé en panne, immobilisé sur la voie de droite près de Brême, en attente de réparation. Les autorités ont fermé la voie à la circulation. La procédure s’est déroulée en deux temps : d’abord une flèche jaune clignotante invitant à changer de file, puis une croix rouge lumineuse imposant la fermeture totale.
Malgré cette signalisation, de nombreux conducteurs ont continué tout droit. Certains sont même allés jusqu’à emprunter la bande d’arrêt d’urgence pour contourner la zone sécurisée où travaillaient les équipes d’intervention. La police a assisté en direct à la scène et a engagé des procédures pour infraction contre tous les conducteurs concernés.
Selon la police de Brême, plusieurs d’entre eux ont agi de manière volontaire, une circonstance qui autorise, dans le barème allemand, le doublement de l’amende prévue.
En Allemagne, ignorer une croix rouge coûte au minimum 90 euros et un point sur le registre des conducteurs de Flensburg. La sanction grimpe à 200 euros en cas de mise en danger d’autrui ou de dommages matériels. Emprunter la bande d’arrêt d’urgence sans raison valable est puni séparément, d’une amende de 55 à 110 euros selon les circonstances.
Le même signal existe en France, avec un barème différent
Le signal allemand a son équivalent exact de l’autre côté du Rhin : le panneau R21a, une croix rouge fixe au-dessus d’une voie, précédée par une flèche jaune clignotante (R21c) qui invite à se rabattre en douceur. En France, l’instruction interministérielle sur la signalisation routière, issue de l’arrêté du 24 novembre 1967, donne à ce signal la même valeur juridique qu’un feu rouge classique.
Franchir une croix rouge relève soit du non-respect d’une route fermée temporairement, soit du non-respect d’un signal imposant l’arrêt. Dans les deux cas, il s’agit d’une contravention de 4ᵉ classe. Selon l’ANTAI, l’amende forfaitaire s’élève à 135 euros, minorée à 90 euros en cas de paiement rapide et majorée à 375 euros, avec un plafond de 750 euros devant un juge.
Le retrait de points varie de 3 à 4 selon la qualification retenue, et une suspension de permis pouvant aller jusqu’à trois ans reste possible dans les cas les plus graves. La vidéo-verbalisation se généralise sur ce type d’infraction, ce qui permet de sanctionner sans contrôle routier physique.
Les erreurs les plus fréquentes reviennent toujours aux mêmes réflexes : rester jusqu’à la dernière seconde sur la voie qui va fermer, continuer sous la croix rouge en pensant qu’on ne voit rien, ou se déporter sur le bas-côté pour doubler la file. Ces comportements font courir un risque maximal aux équipes qui travaillent derrière le balisage, parfois à quelques mètres seulement des véhicules en mouvement.



