Stellantis choisit l’Amérique : ce que cache cette décision choc du groupe automobile

Antonio Filosa, nouveau patron de Stellantis, doit redresser les ventes américaines après une chute significative.

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Stellantis choisit l’Amérique : ce que cache cette décision choc du groupe automobile
Stellantis choisit l’Amérique : ce que cache cette décision choc du groupe automobile © L'Automobiliste

Stellantis, le grand nom né de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler, a récemment annoncé qu’Antonio Filosa prend désormais les commandes en tant que directeur général. À 51 ans, l’Italien de Naples succède à Carlos Tavares, évincé en décembre dernier après une forte baisse des ventes aux États-Unis. Ce changement marque un tournant pour la boîte, qui semble vouloir recentrer ses activités sur l’Amérique du Nord.

Un parcours international et une ascension fulgurante

Né en 1973 à Naples et formé à Milan, Antonio Filosa a commencé chez Fiat en 1999. Il a vite gravi les échelons, devenant directeur des opérations en Amérique latine. En 2005, il part pour le Brésil et aide Fiat à s’imposer comme le leader du marché sud-américain. Sa carrière passe ensuite à l’international : il est nommé à la tête de la marque Jeep en 2023 et prend ensuite la direction des activités nord et sud-américaines de Stellantis en octobre 2023. Sous sa conduite, la Jeep Avenger, première voiture électrique de la gamme, a rencontré un franc succès.

Son expérience en Amérique du Sud et aux États-Unis en fait l’homme de la situation pour redresser les ventes américaines de Stellantis. Ce choix s’inscrit dans la volonté affichée par le conseil d’administration, mené par l’héritier italien John Elkann. Comme il l’a d’ailleurs souligné : « Antonio a su séduire le conseil grâce au leadership qu’il a montré en dirigeant notre région d’Amérique du Nord. »

Une stratégie tournée vers l’Amérique du Nord

La nomination d’Antonio Filosa traduit un changement majeur pour Stellantis, qui laisse derrière lui l’ère Carlos Tavares, proche de l’ancien groupe PSA. La nouvelle direction compte bien renforcer la présence du groupe sur le marché nord-américain, indispensable pour ses futurs résultats.

La forte baisse des ventes aux États-Unis en 2024 a précipité le départ de Carlos Tavares, ouvrant la voie à un virage vers l’ouest sous la direction d’Antonio Filosa. Basé à Detroit, Michigan, il incarne ce recentrage sur l’Amérique.

Gérer les crises sociales et améliorer les relations syndicales

En plus de ses compétences stratégiques, Antonio Filosa s’est fait remarquer pour sa capacité à gérer des changements internes. En 2023, il a été un acteur clé lors des négociations avec le syndicat américain UAW (United Auto Workers), parvenant à mettre fin à une grève longue grâce à une approche diplomate.

Sous sa direction, les relations avec l’UAW se sont nettement améliorées depuis le départ de Carlos Tavares. Kevin Gotinsky, vice-président du syndicat UAW, a même affirmé que les échanges se passent « beaucoup mieux » maintenant. Par ailleurs, Antonio Filosa a réussi à renouer le dialogue avec les concessionnaires américains et à réduire les stocks accumulés auparavant.

Des perspectives financières et des objectifs de taille

La rémunération d’Antonio Filosa montre bien la confiance placée en lui : un salaire de base annuel de 1,8 million de dollars, avec une rémunération pouvant grimper jusqu’à 23 millions de dollars par an d’ici 2028 s’il remplit tous ses objectifs. Ces montants illustrent les grandes attentes vis-à-vis de sa capacité à transformer Stellantis et à renforcer sa position sur la scène mondiale.

Il prendra officiellement ses fonctions dès le 23 juin, et son arrivée sera célébrée lors d’une assemblée générale des actionnaires prévue pour le 18 juillet. Ce passage de témoin est déterminant pour l’avenir immédiat du groupe et pour garantir sa pérennité dans un secteur automobile en pleine évolution.

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