Depuis 2008, le malus écologique renforcé fait partie du paysage fiscal français pour freiner les émissions de CO2 des voitures. Dix-sept ans plus tard, cette taxe continue de diviser et de faire débat, et le projet de loi de finances pour 2026, préparé par le gouvernement dirigé par Lecornu, relance la polémique. Si l’Assemblée nationale valide le texte, la nouvelle réglementation fiscale des véhicules les plus polluants serait fortement renforcée. Un tel basculement pourrait redessiner l’économie des voitures thermiques en France.
Le plafond du malus qui ne cesse de monter
La mesure la plus notable du projet, c’est le relèvement progressif du plafond du malus écologique. En 2008, ce plafond était fixé à 2 600 euros. Le plan prévoit une montée continue : 70 000 euros pour 2025, 80 000 euros pour 2026, 90 000 euros pour 2027, et un seuil proposé à 100 000 euros pour 2028 si le projet est adopté, rapporte Auto Plus. Autrement dit, la taxe serait multipliée par 26 depuis sa création. Concrètement, une voiture vendue 50 000 euros pourrait se voir appliquer une taxe supérieure à son prix de vente.
En parallèle, les seuils d’émissions qui déclenchent le malus sont abaissés, ce qui élargit le nombre de véhicules concernés. Le seuil actuel de 113 g/km passera à 108 g/km dès l’année prochaine, puis à 103 g/km en 2027, et à 98 g/km en 2028. Le seuil associé au plafond de 100 000 euros est aussi revu à la baisse : 187 g/km contre 194 g/km prévu en 2025. Ces ajustements interpellent fortement les acteurs du secteur automobile.
Ce que ça change pour le marché et les passionnés
Les modèles sportifs et thermiques, souvent recherchés par les amateurs de belles mécaniques, seraient particulièrement pénalisés. Des voitures comme la Honda Civic Type R ou la Volkswagen Golf R pourraient approcher ou atteindre le malus maximal, ce qui rendrait leur commercialisation difficile. Face à ces évolutions, le gouvernement semble tourner le dos aux modèles thermiques et accélérer la bascule vers l’hybride ou l’électrique, malgré l’interdiction des moteurs thermiques.
Cette montée des taxes pourrait conduire à l’arrêt progressif de nombreux modèles dès 2028, un scénario qui inquiète alors même que le malus écologique rétroactif n’est définitivement adopté. Le débat reste ouvert à l’Assemblée nationale, où chaque disposition du projet sera examinée avant toute validation finale.






