Le nouveau « paquet automobile européen » marque une étape importante pour l’industrie automobile du continent. À l’approche d’annonces déterminantes, la Commission européenne doit dévoiler une révision très attendue de son plan le 16 décembre 2025. Ce nouveau cadre veut redéfinir les objectifs industriels et environnementaux précédemment fixés, ce qui pourrait entraîner des conséquences lourdes pour les constructeurs et pour les automobilistes européens. Dans ce cadre, la date initiale de 2035 pour l’arrêt des ventes de véhicules thermiques pourrait être repoussée, apportant un répit à une filière sous pression.
La nouvelle trajectoire politique
La Commission européenne est au centre des débats et s’apprête à réajuster la marche à suivre de l’industrie automobile européenne. Le plan « Fit for 55 » prévoyait à l’origine la fin du 100 % électrique d’ici 2035, avec l’objectif affiché de 100 % de ventes de véhicules zéro émission à cette échéance. Cette transition drastique impliquait l’interdiction des moteurs à combustion interne, comme ceux des modèles essence et diesel.
D’après Auto-Infos, un report de cinq ans est aujourd’hui envisagé, ramenant la cible à une réduction de 90 % des émissions de CO2 des flottes, ce qui remet en question l’interdiction des moteurs thermiques. La révision acterait aussi l’abandon de l’objectif de 100 % de ventes zéro émission d’ici 2040, permettant une certaine continuité de l’usage des moteurs thermiques. Cette option est soutenue par des acteurs comme Manfred Weber, président du Parti populaire européen (PPE). Selon Weber, ce réajustement « n’enterr[e] pas l’objectif de transition vers une mobilité décarbonée », mais constitue « une bonne nouvelle » pour les constructeurs comme pour les automobilistes.
Qui pousse et qui s’oppose
Ce virage politique résulte d’un lobbying intense de plusieurs États membres, dont l’Allemagne. Le chancelier Friedrich Merz a salué ce qu’il appelle un « bon chemin » pour l’industrie automobile européenne. Cette orientation répond aussi à des pressions économiques : les constructeurs européens ont du mal à suivre la cadence face à la concurrence chinoise, dont les parts de marché en Europe augmentent rapidement.
En revanche, le projet rencontre une forte opposition. Position de la France, via cinq ministres, a marqué son désaccord, tandis que Greenpeace parle d’un « cadeau de Noël avant l’heure ». La Commission européenne elle-même a émis des réserves sur ce sursis, craignant une trop grande concession aux intérêts industriels.



