Citroën, figure emblématique de l’automobile française, s’apprête à faire renaître l’une de ses voitures les plus connues : la 2CV. Cette relance, annoncée lors du Stellantis Investor Day à Auburn Hills, n’est pas juste un clin d’œil au passé : l’idée est de rendre la mobilité électrique accessible au plus grand nombre. Dans un secteur qui traverse des turbulences, cette annonce pourrait bien redessiner le marché des petites voitures électriques.
Un dévoilement très visuel
Xavier Chardon, à la tête de la marque aux chevrons, a montré une première image de la nouvelle 2CV. La silhouette reprend la forme « escargot » de l’original et met en avant des feux bien marqués. Le design cherche à capturer l’esprit de la 2CV produite entre 1948 et 1990, période durant laquelle plus de 5 millions d’exemplaires ont été vendus. Chardon a déclaré : « C’est un moment très important parce que, en 1948, la 2CV avait donné la liberté de mobilité à des millions de personnes et, 80 ans plus tard, la nouvelle 2CV va démocratiser la mobilité électrique. », cite Les Numériques.
Production, prix et stratégie
L’un des points forts annoncés est le prix compétitif : un prix en dessous de 15 000 €. La voiture sera fabriquée à l’usine italienne de Pomigliano d’Arco, où elle partagera la chaîne avec une future Fiat Panda électrique. Ce positionnement vise à rendre la 2CV accessible et à concurrencer des modèles comme la Renault 5, la Twingo électrique lancée à 14 000 €, et la BYD Dolphin attendue à 10 000 €.
Les choix techniques
Pour proposer une citadine électrique abordable, Stellantis a opté pour des batteries lithium-fer-phosphate (LFP), réputées pour leur autonomie urbaine.
La concurrence et les règles du jeu
La 2CV électrique devra se mesurer à des rivales comme Renault et BYD, tout en évoluant dans un cadre réglementaire de plus en plus strict, ce qui pourrait influencer la mobilité urbaine. Une nouvelle catégorie, appelée M1E, pourrait toutefois jouer en sa faveur : elle concerne les véhicules de moins de 4,20 m de long et pourrait donner des avantages fiscaux. Même si la réglementation n’est pas définitivement fixée, elle prévoit un allègement sur 10 ans, ce qui faciliterait l’arrivée de petites voitures sur le marché.
Le plan FaSTLAne 2030 et les ambitions de Stellantis
Dans le cadre du plan FaSTLAne 2030, doté de 60 milliards €, Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, a insisté sur la nécessité de répondre à la demande de petits véhicules électriques peu coûteux. Ce plan vise aussi à corriger « l’absence de voitures à moins de 15 000 € », pointé comme une des causes majeures de la crise actuelle de l’industrie automobile en Europe, crise qui a coûté à Stellantis plus de 20 milliards € de pertes en 2025.
Le groupe s’ouvre aussi à des partenariats, comme avec Leapmotor pour des projets communs en Europe, notamment un modèle pour Opel. La renaissance de la 2CV n’est donc pas que de la nostalgie : elle illustre une évolution de Citroën vers une mobilité électrique plus accessible.




