Cartes grises piratées : comment le système français laisse fuiter des millions de données

Des cyberattaques sur le Système d’immatriculation des véhicules en France révèlent des failles alarmantes.

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Cartes grises piratées : comment le système français laisse fuiter des millions de données
Cartes grises piratées : comment le système français laisse fuiter des millions de données © L'Automobiliste

En France, une série de cyberattaques visant le Système d’immatriculation des véhicules (SIV) a mis au jour de graves failles de sécurité. De nombreux professionnels de l’automobile, garages, entreprises habilitées, ont été victimes, avec des conséquences financières et juridiques lourdes. La Fédération nationale de l’automobile (FNA) tire la sonnette d’alarme et interpelle l’État pour une intervention urgente.

Des failles qui posent vraiment problème

Lancé il y a plus de 15 ans, le SIV gère les certificats d’immatriculation, nécessaires pour les véhicules. Ce système est piloté par le Ministère de l’Intérieur et mis en œuvre par l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS), aujourd’hui renommée France Titre. Malgré la dématérialisation des cartes grises entrée en vigueur depuis l’an dernier, des lacunes importantes dans la sécurisation des accès ont été exploitées par des pirates informatiques.

Selon la FNA, ces cybercriminels recourent au phishing pour voler les identifiants d’accès des professionnels habilités. Avec ces identifiants, ils peuvent émettre en masse des certificats d’immatriculation frauduleux en seulement quelques heures. La note de la Police judiciaire (PJ) qualifie ce phénomène de « phénomène de masse », ce qui renforce l’urgence d’une réponse.

Des conséquences financières et juridiques lourdes

Les répercussions pour les professionnels sont considérables. L’État, qui exige le paiement des taxes liées à ces immatriculations illégales, peut réclamer des sommes importantes. À titre d’exemple, le montant du malus écologique pourrait atteindre 80 000 €, confirme L’Automobile Magazine. Face à ces prélèvements, certaines micro-entreprises, souvent des garages de proximité, se retrouvent en péril, comme le souligne Bruno Choix, président de la branche Maintenance-Vente de la FNA.

En réaction, la FNA demande la suspension immédiate de tous les prélèvements fiscaux jusqu’à la fin des procédures judiciaires en cours. Une autre inquiétude majeure porte sur la viabilité économique de ces entreprises, qui risque d’être compromise si ces prélèvements se poursuivent.

Pour les consommateurs et le marché, c’est aussi problématique

Les fraudes ne touchent pas que les professionnels. Les consommateurs, notamment les acheteurs de véhicules d’occasion, risquent d’acquérir des véhicules dont les cartes grises n’ont aucune valeur légale. Cela compliquerait les futurs contrôles administratifs et remettrait en cause la fiabilité des historiques de véhicules en raison de la législation actuelle.

Le phénomène des « garages fantômes », où des véhicules immatriculés de façon frauduleuse circulent, soulève des questions de sécurité publique. Ces véhicules peuvent faciliter la usurpation de plaques, permettant la commission de délits routiers en toute impunité. La FNA craint que, faute de réponse satisfaisante, de nombreux professionnels se retirent du dispositif d’habilitation, affaiblissant encore le système de contrôle des immatriculations.

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