Moins d’accidents, plus de colère : le paradoxe du 50 km/h en ville

Saviez-vous qu’en un an, la vitesse sur le périphérique parisien a chuté de 70 à 50 km/h, entraînant une baisse de 19 % des accidents ?

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Moins d’accidents, plus de colère : le paradoxe du 50 km/h en ville
Moins d’accidents, plus de colère : le paradoxe du 50 km/h en ville © L'Automobiliste

En octobre 2024, la mairie de Paris a osé changer la donne en ramenant la vitesse maximale sur le boulevard périphérique de 70 km/h à 50 km/h. Cette initiative, qui a fait l’objet de vifs débats, vise à améliorer la sécurité sur la route et à offrir un meilleur air aux riverains. Des études récentes montrent bien que ce changement a modifié plusieurs aspects du trafic et de l’environnement.

La baisse de la vitesse : ce que ça change

La réduction de la vitesse a clairement bouleversé nos habitudes au volant. En journée, la vitesse moyenne est passée de 60 km/h à 50 km/h, et la nuit, elle a diminué de 18 %, pour atteindre aussi 50 km/h. Grâce à ce ralentissement, le nombre d’accidents est ainsi passé de 369 en 2023 à 298 en 2024 – un résultat qui montre que rouler moins vite peut éviter bien des soucis.

Les embouteillages se sont également améliorés. Le taux d’engorgement a reculé de 20 %. De plus, l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a relevé une diminution de 16 % des bouchons sur une période de cinq mois. Patricia Pelloux, directrice adjointe de l’Apur, explique que ce sont les tout premiers chiffres détaillés publiés sur le périphérique.

Temps de trajet et trafic : le bilan des usagers

Du côté des trajets, les automobilistes ont remarqué un léger rallongement du temps de parcours. Pour parcourir un quart du boulevard, on perd environ deux minutes en plus. Globalement, le trafic a baissé de 3 % et la vitesse moyenne de circulation a reculé de 7 %. Néanmoins, tout le monde n’est pas conquis par cette mesure. Certains riverains parisiens se plaignent.

L’air retrouvé pour les riverains

Pour près de 600 000 riverains habitant dans un périmètre de 500 mètres autour du périphérique, cette décision apporte un vrai plus. Airparif a constaté une baisse notable des polluants : le dioxyde d’azote a chuté de 13 % et les particules fines de 24 % grâce à une meilleure qualité de l’air.

Malgré ces résultats, certains automobilistes de la région parisienne restent sceptiques. Un d’entre eux indique qu’il y a toujours « beaucoup de bouchons », remettant en question l’efficacité réelle de ces mesures sur le terrain.

Regard vers l’avenir et nouvelles mesures

Depuis le lundi 3 mars, une voie réservée au covoiturage a été mise en place sur le périphérique, venant s’ajouter aux efforts pour réduire le trafic et améliorer le transport en ville. Pour le moment, cette nouveauté n’est pas encore intégrée aux bilans réalisés par l’Apur et l’Institut Paris Région (IPR).

Les bilans, couvrant les périodes d’octobre-février 2023-2024 et octobre-février 2024-2025, témoignent d’une baisse continue des vitesses moyennes et indiquent quelques variations saisonnières au niveau de la pollution. L’IPR note, par exemple, une légère hausse des polluants en février par rapport à février 2024.

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