L’année 2024 a été marquée par des défis structurels et conjoncturels pour le marché automobile français, témoin d’une baisse des immatriculations de 3,2 % par rapport à 2023. Ce recul, dans un secteur en pleine mutation, illustre la complexité de la transition énergétique et les répercussions d’un environnement économique incertain.
Un marché automobile en contraction malgré des signaux positifs en fin d’année
Avec environ 1,72 million de voitures neuves immatriculées en 2024, selon les données diffusées par l’ACEA le 21 janvier 2025, la France enregistre un repli qui touche directement les performances des constructeurs nationaux. Ce recul s’inscrit dans un contexte global où des moteurs historiques de la demande, tels que les motorisations thermiques, connaissent un déclin rapide. Toutefois, en décembre 2024, le marché a montré une légère reprise avec une hausse de 1,5 % des immatriculations par rapport à la même période en 2023.
Cette embellie de fin d’année reste limitée dans ses effets structurels et s’explique principalement par des promotions attractives et l’arrivée de nouveaux modèles électriques et hybrides, particulièrement dans les segments compacts et citadins, très prisés en France. Néanmoins, la dynamique globale du marché continue de souffrir des incertitudes économiques, des tensions sur le pouvoir d’achat des ménages et des coûts élevés des véhicules électrifiés.
Les motorisations : l’électrique avance doucement mais sûrement
L’une des évolutions su marché automobile en France est la montée en puissance des véhicules électrifiés, bien que cette transition reste en deçà des attentes. Les voitures électriques à batterie (BEV) ont atteint une part de marché de 13,6 % au niveau européen, mais leur progression en France a été ralentie, avec une baisse des immatriculations de 20,7 % en décembre 2024. Cette chute est attribuée à une réduction des subventions et à des infrastructures de recharge encore insuffisantes, notamment dans les zones rurales. La demande pour ces véhicules reste cependant soutenue dans les agglomérations urbaines, où les restrictions sur les véhicules thermiques s’intensifient.
Les véhicules hybrides (HEV) continuent de gagner du terrain, représentant près de 31 % des immatriculations en décembre 2024 en France. Ce segment bénéficie d’un fort attrait auprès des acheteurs français grâce à une offre diversifiée et à une meilleure acceptation des motorisations hybrides comme solution intermédiaire dans la transition énergétique. En revanche, les motorisations thermiques traditionnelles, essence et diesel, poursuivent leur déclin. Le diesel, qui a longtemps dominé le marché français, représente désormais moins de 12 % des immatriculations annuelles, tombant pour la première fois en-dessous des immatriculations de voitures électriques dans le pays. L’essence, de son côté, continue de capter un tiers du marché.
Les constructeurs nationaux sous pression
Pour les constructeurs français, 2024 a été une année de défis majeurs. Le groupe Renault, bien qu’en légère progression au niveau européen (+1,9 %), a été confronté à une baisse de la demande pour certains modèles en France. Cependant, la marque Dacia, filiale du groupe, a enregistré des résultats solides grâce à ses modèles abordables et son positionnement compétitif dans le segment des hybrides et des petites citadines.
Stellantis, qui regroupe des marques emblématiques comme Peugeot, Citroën et Opel, a vu ses ventes reculer de 7,2 % au niveau européen.
Les politiques publiques et leurs impacts sur le marché
Le gouvernement français a continué à jouer un rôle actif dans la transformation du marché automobile en 2024. Les incitations à l’achat pour les véhicules électriques ont été révisées, rendant certains modèles moins accessibles. En parallèle, le durcissement des critères environnementaux pour les subventions a favorisé les hybrides rechargeables et électriques sur des segments spécifiques. Cependant, cette politique a également creusé un fossé entre les zones urbaines et rurales, où les ménages ont plus de difficulté à adopter ces technologies.
En termes d’infrastructure, la France reste en retard par rapport à d’autres pays européens comme l’Allemagne et les Pays-Bas. Malgré des investissements pour accélérer le déploiement des bornes de recharge, leur couverture nationale demeure insuffisante pour répondre à la demande en constante hausse.
Le marché automobile français en 2024
| Indicateurs | Valeurs / Évolutions |
|---|---|
| Total des immatriculations | 1,72 million (-3,2 % par rapport à 2023) |
| Part des véhicules électriques | 13,6 % (-20,7 % en décembre) |
| Part des hybrides électriques | 31 % (+33 % en décembre) |
| Part des voitures diesel | Moins de 12 % (en déclin constant) |
| Meilleure progression des ventes | Dacia (modèles abordables, hybrides) |
| Recul des immatriculations Stellantis | -7,2 % au niveau européen |
| Couverture en bornes de recharge | Insuffisante, ralentissant l’adoption des VE |



