D’ici 2035, l’Europe prévoit de stopper la vente de voitures thermiques neuves, en lien avec l’interdiction des moteurs thermiques. Bruxelles a ainsi décidé d’accélérer la transition énergétique, et cette mesure fait débat chez les constructeurs automobiles. Ces derniers souhaitent, notamment, voir la commercialisation des hybrides rechargeables (PHEV) prolongée. La Commission européenne se penchera sur ce sujet le 10 décembre. Une étude récente de l’Institut mobilités en transition (IMT) de Sciences Po, réalisée avec l’ONG berlinoise ICCT et le cabinet C-Ways, remet en question l’intérêt de prolonger la vente de ces hybrides.
Zoom sur les coûts des hybrides rechargeables
L’étude montre que garder ces hybrides coûte plus cher aux ménages européens et alourdit le bilan carbone du continent. Pour faire simple, un véhicule hybride revient 7 % de plus à l’usage par rapport à un modèle 100 % électrique, et cet écart peut atteindre 18 % pour les foyers aux ressources modestes, relaye Le Monde. En combinant deux moteurs à entretenir et avec des batteries de plus petite taille qui se rechargent plus fréquemment (ce qui accélère leur dégradation), ces véhicules présentent aussi un poids supplémentaire entraînant une consommation d’énergie plus élevée.
Côté émissions, les hybrides rechargeables rejettent en moyenne 73 % de CO₂ en plus que les voitures électriques sur l’ensemble de leur vie. Même en recourant aux biocarburants, les véhicules électriques restent plus performants en émettant 23 % de CO₂ en moins.
Conséquences économiques et autres idées
Sur le plan économique, un SUV hybride du segment B engendre en moyenne un déficit commercial de 3 566 € lié aux importations de pétrole. À titre comparatif, importer des batteries pour voitures électriques coûte environ 1 463 € de moins. Pour ajouter à la complexité, les constructeurs chinois dominent déjà le marché des hybrides rechargeables, ce qui complique la tâche des industriels européens.
Face à la situation, plusieurs propositions circulent. Par exemple, l’Allemagne suggère de limiter les performances des hybrides pour favoriser l’utilisation du mode électrique. Toutefois, l’IMT voit dans cette proposition une façon de préserver la rentabilité des infrastructures thermiques existantes.
Vers une transition écologique plus rapide
Les chercheurs appellent à rester sur la voie initiale en cessant la vente des hybrides après 2035. Ils insistent pour qu’on mise pleinement sur le développement des véhicules tout électriques et sur l’infrastructure de recharge nécessaire. Selon eux, adopter une approche de « neutralité technologique » risquerait de retarder la transition écologique tout en creusant les inégalités entre les automobilistes.
Les caractéristiques techniques des PHEV révèlent aussi leurs limites : ils associent un moteur thermique à un moteur électrique et offrent une autonomie en mode tout électrique comprise entre 40 et 100 km. Par ailleurs, le coût total de possession (TCO) y est plus élevé que pour les modèles entièrement électriques.


