Depuis avril 2024, le contrôle technique concerne les motards en France, une mesure qui a fait beaucoup de bruit dans la communauté des cyclomoteurs. Issue d’une directive européenne de 2014, elle vise à limiter les abus de vitesse en vérifiant que les cyclomoteurs de 50 cm³ ne dépassent pas les 45 km/h autorisés. Cette nouveauté divise autant les conducteurs que les opérateurs de contrôle.
Nouvelle législation et ce qu’elle vise
L’objectif principal du contrôle technique est de s’assurer que les cyclomoteurs, notamment ceux de 50 cm³ classés dans la catégorie L1e, ne sont pas « trafiqués » pour aller plus vite que la limite légale. « Les cyclomoteurs de 50 cm³ ‘trafiqués’ doivent ‘montrer roue blanche’ s’ils souhaitent passer le contrôle technique, » ironise la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC).
Un nouvel arrêté daté du 19 décembre 2025 introduit une particularité : le contrôle technique impose désormais un délai d’une minute entre la validation des opérations de contrôle et la remise du véhicule, confirme Auto Plus. Le gouvernement explique vouloir ainsi éviter des contrôles exécutés trop vite, une règle qui fait rire ou grincer des dents chez certains. Sacha Houlié, député de la Vienne et motard, qualifie cette règle d’illustration de « l’absurdité du dispositif ».
Qui dit quoi : les acteurs en présence
Les centres de contrôle technique, qui possèdent les équipements pour vérifier la conformité des véhicules, s’inquiètent pour leur viabilité économique. Le coût d’appareils comme le céléromètre, estimé à 5 000 €, ajouté au faible nombre de véhicules concernés, augmente le risque de déficit pour ces centres.
La FFMC se positionne en opposante farouche. Elle multiplie les actions et appelle au boycott des centres agréés, dénonçant un « décalage entre les enjeux de sécurité routière et l’obsession du temps administratif ». Sacha Houlié critique lui aussi l’excès de formalisme de l’État et réclame une dérogation, comme celles adoptées par l’Irlande, la Finlande, les Pays-Bas ou le Portugal.
Ce que ça change sur le terrain
Chez les réparateurs, certains voient une hausse des demandes de rebridage, preuve que la réglementation a des conséquences tangibles. D’autres professionnels, en revanche, constatent peu de changements, ce qui reflète un certain scepticisme ou une méconnaissance de la mesure.
Le risque économique plane aussi sur les centres de contrôle, qui craignent de ne pas pouvoir absorber les coûts. Par ailleurs, les motards contrôlés sur la route s’exposent à une amende de 135 € en cas de non-conformité. Même si ce type de contrôles reste rare, il contribue à un climat de tension.






