La décision de la commission des transports du Parlement européen (TRAN) relance le débat sur le contrôle technique des deux-roues motorisés en Europe. Réunie le mardi 5 mai 2026, la commission a choisi de durcir les règles, ce qui provoque de vives réactions chez les associations de motards et chez certains gouvernements européens, et marque un tournant pour les usagers de la route.
La commission TRAN et son rôle
Lors de la réunion, la commission TRAN a voté en faveur d’un projet de révision des règles européennes sur le contrôle technique. Le résultat : 30 voix pour, 11 contre et deux abstentions. Le projet rendrait le contrôle technique périodique obligatoire pour toutes les motos dépassant les 125 cm³, y compris les motocyclettes électriques de forte puissance, explique Ouest France. Le texte supprime aussi la possibilité pour les États membres de proposer des alternatives nationales, comme des dispositifs de sensibilisation ou des radars sonores.
La commission a aussi voté pour lancer des négociations avec les États membres afin de passer à l’étape suivante : 32 voix pour, 10 contre et une abstention. Ces discussions devront tenter d’aplanir les frictions générées par ce nouveau cadre réglementaire.
Ce que disent les motards
La Fédération européenne des motards, la FEMA, représentée par son secrétaire général, Wim Taal, trouve cette décision « très décevante ». Il affirme que « les données à l’échelle de l’UE montrent que les défauts techniques ne sont quasiment jamais la cause des accidents de moto ». Selon lui, ce sont le comportement des usagers et l’état des infrastructures qui posent problème.
La Fédération française des motards en colère partage ces inquiétudes et appelle au boycott du contrôle technique, même si celui-ci est déjà entré en vigueur en France. Dans une déclaration, la FFMC dit : « Bien que cette bataille soit longue, le combat n’est pas terminé (…) plus que jamais déterminés à défendre les intérêts des motards ».
Où en est le processus législatif
Après l’adoption par la commission TRAN, le texte doit encore être voté en séance plénière du Parlement européen, prévue à la mi-mai 2026, puis être examiné par le Conseil de l’Union européenne. L’an dernier, le Conseil avait rejeté un durcissement similaire. La opposition des motards et de la FFMC montre combien il est difficile d’atteindre un accord équilibré sur la question.
Le processus législatif en cours illustre l’évolution des normes européennes en matière de sécurité routière, avec l’objectif d’harmoniser les pratiques entre les États membres. La suppression des mesures alternatives, comme les dispositifs de sensibilisation, pourrait toutefois faire bouger l’opinion publique et renforcer les mouvements de contestation, poussant certains pays, dont la France, à chercher des compromis.






