Vous parcourez plus de 15 kilomètres pour vous rendre au travail ? Depuis le 27 mai, l’État vous propose 100 euros une seule fois. Voici tout ce qu’il faut savoir pour ne pas laisser passer cette aide.
Au 15 juin 2026, 898 370 demandes ont été enregistrées par Bercy. Parmi elles, 667 832 ont déjà été mises en paiement. Les premiers virements ont débuté ce mercredi 17 juin sur les comptes bancaires des bénéficiaires, avec un délai moyen de 10 jours après la demande. Face à la flambée des prix à la pompe provoquée par la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement vise trois millions de Français éligibles. Mais encore faut-il remplir les bonnes conditions et respecter les démarches imposées.
Êtes-vous éligible ? Les critères concrets pour toucher les 100 euros de carburants
Trois critères cumulatifs déterminent votre droit à l’aide. Vous devez prouver que vous utilisez votre véhicule pour des trajets domicile-travail conséquents, gagner un revenu modeste et résider fiscalement en France. Le dispositif s’adresse aux salariés comme aux travailleurs indépendants, à condition de justifier leur mobilité professionnelle.
Distance domicile-travail : les 15 km minimum que tout automobiliste doit connaître
Pour un emploi fixe, vous devez parcourir au moins 15 kilomètres aller simple entre votre domicile et votre lieu de travail. Soit 30 kilomètres par jour minimum. Bercy ne demande aucun justificatif technique : ni carte grise, ni relevé GPS. Le système repose sur la déclaration sur l’honneur via le portail des impôts. « On a plutôt privilégié un dispositif de confiance. On ne va pas chercher à fliquer nos concitoyennes et nos concitoyens », assumait Sébastien Lecornu, Premier ministre, lors de l’annonce du 21 mai.
Ce seuil de 15 kilomètres exclut mécaniquement les urbains proches de leur travail, mais inclut tous les périurbains et ruraux contraints à la voiture faute de transports collectifs. Pour un habitant de Melun travaillant à Paris (45 km), ou d’un village de Haute-Loire rejoignant Le Puy-en-Velay (20 km), la condition est remplie.
Les travailleurs mobiles : 8 000 km/an, comment calculer ?
Si vous n’avez pas de lieu de travail fixe (commerciaux, aides à domicile, techniciens itinérants), le critère change. Vous devez parcourir au moins 8 000 kilomètres par an dans le cadre professionnel. Soit environ 667 kilomètres par mois, ou 154 kilomètres par semaine. Capital précise que les notes de frais professionnelles ou les indemnités kilométriques déclarées servent de base de calcul, même si aucun document n’est exigé lors de la demande.
Un commercial réalisant 10 rendez-vous par mois dans un rayon de 100 kilomètres autour de son domicile atteint facilement les 12 000 km annuels. À l’inverse, un autoentrepreneur effectuant des missions locales ponctuelles risque de rester sous le seuil.
Plafonds de revenu : jusqu’à 50 000 euros pour un couple avec deux enfants
Le revenu fiscal de référence 2024 (figurant sur votre avis d’imposition 2025) ne doit pas dépasser 16 880 euros par part du foyer fiscal. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a traduit ce plafond en montants annuels bruts : 17 000 euros maximum pour une personne seule, 50 000 euros pour un couple avec deux enfants. Ces seuils couvrent une large frange de ménages modestes et moyens.
Un couple sans enfant avec un RFR de 33 760 euros (deux parts fiscales) reste éligible. En revanche, un célibataire gagnant 20 000 euros nets annuels dépasse la limite. Le calcul par part vise à prendre en compte la charge familiale, mais pénalise les jeunes actifs vivant seuls en zone rurale, souvent grands rouleurs par obligation.
Comment demander et quand recevoir votre aide
Le parcours administratif tient en quelques clics, à condition de respecter scrupuleusement le calendrier. Bercy a ouvert une plateforme dédiée sur le site des impôts, accessible depuis n’importe quel terminal connecté. Le délai entre la demande et le versement oscille entre 8 et 12 jours selon l’affluence.
Le guichet ouvert depuis le 27 mai : mode d’emploi étape par étape
Rendez-vous sur impots.gouv.fr, rubrique « Aide grands rouleurs ». Munissez-vous de votre numéro fiscal (figurant sur votre dernier avis d’imposition) et de votre RIB. Le formulaire demande la distance domicile-travail ou le kilométrage annuel professionnel, votre adresse, votre situation familiale. Vous cochez la case « déclaration sur l’honneur » attestant la véracité des informations.
Aucun justificatif ne doit être joint : ni fiche de paie, ni contrat de travail, ni facture de carburant. Le système croise automatiquement votre RFR avec les données fiscales. Une confirmation par mail valide l’enregistrement de votre dossier. Presse Citron rappelle que le processus prend moins de cinq minutes une fois les informations rassemblées.
Délai de 10 jours : les versements ont commencé le 17 juin
Bercy s’était engagé sur un délai moyen de 10 jours ouvrés entre la validation et le versement. Les 667 832 dossiers mis en paiement au 15 juin ont donné lieu aux premiers virements ce mercredi 17 juin. Si vous avez déposé votre demande entre le 27 mai et le 5 juin, votre compte devrait afficher les 100 euros d’ici vendredi 19 juin.
Pour les demandes plus récentes, comptez jusqu’à fin juin ou début juillet. Le Figaro souligne que Bercy traite environ 80 000 dossiers par jour. Le rythme de validation s’accélère à mesure que les équipes affinent le processus automatisé.
Dates limite : ne manquez pas la fermeture à fin juillet
Le guichet ferme définitivement le 31 juillet 2026 à minuit. Passé ce délai, aucune demande ne sera acceptée, même si vous remplissez toutes les conditions. Le gouvernement assume ce calendrier serré : « Elles avaient été annoncées pour passer l’été, et seront distribuées comme prévu », a confirmé Roland Lescure le 16 juin.
Si vous hésitez encore, mieux vaut anticiper. Les bugs informatiques de dernière minute ou les oublis de RIB peuvent retarder le traitement. Avec trois millions d’éligibles potentiels et seulement 898 370 demandes enregistrées mi-juin, deux tiers des bénéficiaires n’ont pas encore franchi le pas.
100 euros pour votre portefeuille d’automobiliste : quelle économie réelle ?
Au-delà du montant brut, l’impact sur votre budget carburant mérite d’être mesuré. L’aide équivaut-elle à un plein ? À deux semaines d’essence ? La réponse dépend de votre consommation réelle et du type de motorisation que vous conduisez.
L’équivalent de 20 centimes par litre sur 6 mois : vous consommez combien ?
Le gouvernement a calculé que 100 euros représentent une ristourne de 20 centimes par litre sur six mois (avril à septembre 2026). Mais ce calcul théorique suppose un volume de consommation précis. Pour un diesel consommant 6 litres aux 100 km et parcourant 20 000 km par an (soit 1 200 litres annuels), l’aide couvre environ 8 % du budget carburant semestriel.
Prenons un cas concret : vous faites 30 km aller-retour par jour, 220 jours par an, soit 6 600 km professionnels. Avec une Clio diesel (5,5 L/100 km), vous consommez 363 litres annuels pour ces trajets. À 1,85 euro le litre (prix moyen mi-juin), votre facture s’élève à 671 euros. Les 100 euros représentent alors 15 % d’économie, soit deux pleins et demi. Pour une citadine essence plus gourmande (7 L/100 km), l’aide équivaut à deux pleins seulement.
Comparaison : quelle place dans votre budget carburant annuel ?
Selon les données de l’INSEE, un ménage grand rouleur dépense en moyenne 2 400 euros par an en carburant (200 euros par mois). Les 100 euros versés couvrent donc deux semaines de déplacements. C’est moins qu’une baisse structurelle des prix à la pompe, mais plus qu’une remise ponctuelle de 10 centimes par litre pratiquée trois semaines.
Le dispositif ne compense pas la hausse subie depuis mars 2026 (environ 15 centimes par litre entre février et mai). Mais il amortit le choc pour les foyers contraints à la voiture. « Ça doit être le signal de relance. On doit pouvoir faire en sorte que l’économie française retrouve un chemin de la croissance », expliquait Roland Lescure le 16 juin, insistant sur la dimension sociale de la mesure.
Reste que l’aide, versée en une fois, ne suit pas l’évolution des prix. Depuis le 16 juin, le diesel est repassé sous les 2 euros grâce aux accords entre l’Iran et les États-Unis. Mais Bercy maintient le versement intégral : « Les aides annoncées, tant pour les particuliers grands rouleurs que pour les secteurs les plus exposés seront, elles, versées comme convenu », a martelé Sébastien Lecornu le 15 juin.
Pour maximiser l’effet de cette aide, combinez-la avec d’autres leviers : la baisse anticipée du pétrole pourrait faire refluer les tarifs sous 1,80 euro d’ici août. Vérifiez aussi si votre employeur propose la prime carburant défiscalisée, désormais plafonnée à 600 euros (contre 300 euros auparavant). Cumulée aux 100 euros de l’État, cette double aide peut couvrir un quart de votre budget annuel.
Ce qu’il faut retenir : Vous avez jusqu’au 31 juillet pour demander les 100 euros si vous parcourez 15 km minimum par trajet domicile-travail ou 8 000 km professionnels par an, avec un revenu fiscal de référence inférieur à 16 880 euros par part. Le versement intervient sous 10 jours. L’aide représente entre 8 et 15 % de votre budget carburant semestriel selon votre véhicule. Ne laissez pas passer cette opportunité : deux millions de Français éligibles n’ont pas encore fait la démarche.


