Le gouvernement français instaure une prime à l’achat pouvant atteindre 5 500 euros pour aider les chauffeurs de taxi à basculer du thermique vers l’électrique. Le dispositif s’ouvre pour quatre mois, du 1er septembre au 31 décembre 2026, aussi bien pour les personnes physiques que pour les personnes morales.
L’annonce initiale remonte au 21 mai 2026, faite par le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, lors d’une conférence de presse consacrée à l’impact en France de la guerre en Iran. Le communiqué officiel détaillant la mesure, lui, date du 12 août 2026. Entre les deux, le calendrier a bougé : le lancement, d’abord prévu au 1er octobre pour une durée de trois mois, a finalement été avancé d’un mois et étalé sur quatre mois.
Pour être éligible, le véhicule ne doit pas dépasser 65 000 euros hors options, ni peser plus de 2 400 kilos à vide. Il doit également respecter un seuil minimal de score environnemental.
Un écart selon l’origine du véhicule
Le montant de base tourne autour de 3 500 euros pour un modèle électrique assemblé dans l’espace économique européen. Il grimpe à environ 5 500 euros si la batterie elle-même est fabriquée dans l’un de ces pays. Ces chiffres reposent sur un prix du certificat d’économie d’énergie fixé à 8 euros par MWh cumac, et 14 euros pour les CEE précarité : ils peuvent donc bouger selon le cours de ces certificats et les accords passés entre énergéticiens et constructeurs.
Pour toucher l’aide, le chauffeur devra produire trois justificatifs :
- une copie de son autorisation de stationnement,
- la facture de pose du taximètre par un organisme agréé mentionnant l’immatriculation du véhicule,
- et une copie du certificat d’immatriculation portant la mention taxi.
La France compte environ 60 000 taxis. Lors de son annonce du 21 mai, Philippe Tabarot avait chiffré à 4 % la part des véhicules électriques dans les taxis des zones rurales, justifiant la mesure par la volonté de « réduire leur facture de carburant et d’entretien », alors que les prix des carburants ont grimpé sous l’effet de la guerre en Iran.
Un cadre réglementaire existait déjà pour les plateformes de VTC comptant au moins 100 conducteurs, avec des quotas de véhicules à faibles émissions : 10 % en 2024, 20 % prévus en 2027, 35 % en 2029. Cette nouvelle prime, elle, vise spécifiquement les taxis.
Certains chauffeurs ont pourtant déjà fait le pas depuis longtemps, sans attendre d’aide. À Paris, Joël, Nathalie et Eric roulent en Tesla Model S depuis 2014. En Creuse, Bruno a opté pour une Kia e-Niro dès 2019. En Dordogne, Frédéric conduit un Tesla Model X depuis 2020. Ces exemples, recensés par Automobile Propre, montrent qu’une activité de taxi en électrique n’a rien d’impossible.
Le principal obstacle reste souvent l’absence de recharge à domicile, qui oblige à passer par des bornes extérieures plus coûteuses et pas toujours accessibles. Des abonnements à des réseaux de recharge existent, mais leur pertinence varie fortement selon les régions.
Un chauffeur propriétaire de sa maison, capable de recharger la nuit et qui prévoit justement de renouveler son véhicule en septembre 2026, peut profiter pleinement du dispositif. À l’inverse, un chauffeur encore engagé pour deux ans en location longue durée, sans point de recharge privé, aura moins de raisons de se presser.
Les commandes éligibles doivent être passées entre le 1er septembre et le 31 décembre 2026.


