Le début de l’été a été très mauvais pour le constructeur français Renault. Ce dernier vient d’annoncer une baisse de ses prévisions annuelles. Réaction immédiate à la Bourse : l’action chute de 17 %.
Renault baisse ses prévisions annuelles pour 2025
L’ouverture des marchés n’a laissé place à aucun doute : les investisseurs ont tranché. Le cours de l’action Renault s’est effondré de plus de 15 %, tombant à 34,12 euros en début de séance à la Bourse de Paris. La révision des prévisions financières pour l’année 2025, dévoilée le mardi 15 juillet 2025, a agi comme un catalyseur. L’entreprise n’envisage plus qu’une marge opérationnelle de 6,5 %, contre plus de 7 % initialement espérés. Le flux de trésorerie libre, autre indicateur scruté de près, a lui aussi été revu à la baisse : il oscillera entre 1 et 1,5 milliard d’euros, bien loin du seuil des deux milliards précédemment annoncé.
Cette révision brutale sonne comme une douche froide pour les marchés. Le fait que Renault ait confirmé ses perspectives accentue encore le malaise. Du côté des concurrents, la chute de Renault provoque un effet domino : Stellantis perd plus de 3 %, tandis que Valeo et Forvia reculent respectivement de 2,8 % et 3,9 %.
Ce qui inquiète davantage, ce sont les signaux sous-jacents : recul du marché des particuliers, faibles performances en juin 2025, stocks en hausse, pressions sur les prix et net ralentissement du segment des véhicules utilitaires. Autant de facteurs qui laissent penser que le redressement ne sera ni immédiat ni garanti. Les performances du premier semestre le confirment : la marge opérationnelle a chuté de 8,1 % à 6 %, et le flux de trésorerie libre s’est effondré à seulement 47 millions d’euros, contre 645 millions attendus par le consensus.
Une transition à la tête du groupe au plus mauvais moment
Le départ de Luca de Meo n’a rien arrangé. Officiellement, aucune corrélation n’est faite entre la dégradation des prévisions et ce changement de gouvernance. Duncan Minto, nommé directeur général par intérim, s’est empressé de désamorcer tout lien de cause à effet : « Il n’y a aucun lien entre le départ de Luca de Meo et cet avertissement sur résultats », a-t-il insisté devant les analystes. Mais le doute plane. Et le timing, objectivement malheureux, n’aide en rien à rassurer les marchés.
Ce flottement managérial intervient au moment même où Renault aurait besoin de clarté, de stabilité et d’une direction affirmée pour piloter sa mutation. La confiance des investisseurs, déjà fragilisée par les performances financières, se trouve ainsi soumise à une pression supplémentaire.
Pour tenter d’inverser la dynamique, Renault mise sur une reprise au second semestre. Sept nouveaux modèles et deux restylages sont annoncés. La firme compte aussi accélérer sa politique de réduction des coûts. Mais les promesses ne suffisent plus. Ce plan, surnommé en interne « Futurama », devrait être présenté d’ici la fin de l’année. Il sera scruté avec attention. Dans l’immédiat, Renault n’a d’autre choix que de contenir l’hémorragie et de regagner, pas à pas, la confiance d’un marché qui l’a sévèrement sanctionné.


