Ford vend un coffre de SUV à 150€

À l’heure où l’électrique promet des gains de place inédits, Ford transforme un coffre en opportunité tarifée.

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À l’heure où l’électrique promet des gains de place inédits, Ford transforme un coffre en opportunité tarifée.

Le 11 avril 2025, Ford a introduit un nouvel accessoire sur ses SUV électriques Explorer et Capri : un coffre avant, communément appelé frunk, proposé en option payante. Cette décision, qui concerne deux modèles 100 % électriques du constructeur américain, suscite autant de curiosité que d’interrogations.

Ford commercialise un coffre payant sur ses SUV électriques : une première dans le secteur

Ford a lancé, au sein de son catalogue d’accessoires, un coffre avant de 16 litres destiné aux modèles électriques Explorer et Capri. Vendu 150 euros, ce bac rigide se loge sous le capot avant, là où le moteur thermique n’est plus qu’un souvenir.

À la différence du Mustang Mach-E ou du pick-up F-150 Lightning, déjà pourvus d’un frunk dès leur conception, les SUV Explorer et Capri n’intégraient aucun compartiment avant. Un oubli ? Un choix technique ? Peu importe : Ford transforme cette lacune en opportunité commerciale.

Le site Automobile Propre précise : « Explorer comme Capri peuvent donc s’équiper, moyennant 150 euros, d’un bac de rangement de 16 litres sous le capot avant ». La manœuvre rappelle que dans l’automobile, même l’absence peut être monétisée.

Pourquoi ces coffres sont-ils absents à l’origine ? Une logique industrielle déconcertante

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces SUV ne manquent pas d’espace à l’avant. Ce sont des propulsions, ce qui libère de la place sous le capot. Pourtant, Ford n’a pas intégré de coffre à leur conception. Des experts expliquent : « Ces véhicules sont techniquement capables d’accueillir un frunk, mais Ford a choisi de le proposer uniquement en accessoire ».

Cette approche révèle une stratégie assumée : au lieu d’en faire un argument de vente inclus, le constructeur préfère réserver l’accès à ce volume à une clientèle prête à payer pour chaque centimètre carré de praticité supplémentaire.

Le « frunk » de Ford : gadget ou vraie valeur ajoutée pour les consommateurs ?

Derrière l’ironie d’un coffre payant, se cache une réalité plus nuancée. Ce bac de 16 litres, protégé par un filet de maintien, permet de ranger les câbles de recharge, souvent sales ou encombrants, sans souiller l’habitacle ou le coffre arrière. Une idée astucieuse… mais au rabais.

L’ouverture du capot reste fastidieuse, nécessitant un double déverrouillage manuel, ce qui le rend peu pratique pour un usage quotidien. Résultat : ce frunk se destine davantage à un rangement « mort », utilisé sporadiquement.

Le Futé résume ainsi : « Doté d’un filet de protection pour sécuriser le contenu, ce bac permettra de ranger les câbles de manière séparée des bagages et sans risque de salir son coffre ». Un bénéfice réel, mais qui interroge sur la légitimité de le faire payer.

Un prix qui interroge : faut-il vraiment payer pour ce qui était gratuit ailleurs ?

Chez Tesla, chez Kia, chez Hyundai ou même chez Dacia, le frunk est souvent intégré de série. Alors pourquoi Ford facture-t-il 150 euros pour ce qui ressemble à un couvercle moulé en plastique ? L’argument du coût de développement ne tient pas, surtout sur une base déjà industrialisée.

Il semble que Ford ait adopté une logique de monétisation par découpage fonctionnel : on segmente l’équipement pour maximiser le panier moyen. Une technique désormais bien connue dans le monde des logiciels et des applications mobiles, désormais transposée à l’automobile.

Une tendance de fond : la voiture électrique devient modulaire… et plus chère

Ce cas Ford n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une tendance lourde : l’électrification des voitures offre des marges nouvelles aux constructeurs, non plus seulement via les motorisations ou les finitions, mais via les équipements modulables.

Les coffres, les sièges chauffants, les assistants de conduite deviennent autant de fonctionnalités parfois déverrouillables à la carte, via un paiement additionnel ou un abonnement. La voiture devient une plateforme de services, dont chaque fonction peut être activée, ou pas.

1 réflexion au sujet de « Ford vend un coffre de SUV à 150€ »

  1. Visiblement vos experts ne sont pas vraiment experts sinon ils sauraient que les modèles basés sur la technologie VW ne proposent pas de Frunck. Bravo à Ford d’avoir trouvé une solution simple et pas cher. Et oui ils pourraient le standardiser.

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