Voitures électriques, la Chine impose aux marques d’indiquer clairement le pourcentage d’usure des batteries

70 % de batterie après 10 ans, garanti par une norme chinoise inédite. Pendant ce temps, l’Europe attend encore 2027 pour son passeport batterie. Qui protège vraiment les électromobilistes ?

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Voitures électriques, la Chine impose aux marques d’indiquer clairement le pourcentage d’usure des batteries
Voitures électriques, la Chine impose aux marques d’indiquer clairement le pourcentage d’usure des batteries © L'Automobiliste

La Chine pousse les constructeurs automobiles à encadrer précisément l’usure réelle des batteries de leurs véhicules électriques. Cette mesure s’appuie sur une nouvelle norme nationale, la GB/T 46991.1-2025, publiée le 31 décembre 2025.

Le gouvernement chinois entend ainsi pousser les constructeurs à plus de transparence envers leurs clients sur ce sujet sensible. Jusqu’ici, la documentation sur l’usure des batteries variait fortement d’une marque à l’autre : certaines communiquaient un état de santé précis, d’autres se contentaient d’indications générales, parfois sans méthode de calcul définie. Pékin veut harmoniser ces pratiques pour donner aux électromobilistes des données plus fiables sur la capacité réellement conservée par leur batterie.

Selon L’Automobile Propre, le déploiement officiel du texte a eu lieu le 1er juillet 2026. Il s’agit d’une norme dite recommandée, identifiée par le sigle GB/T et non d’une obligation stricte. Elle pourrait malgré tout devenir une référence incontournable pour les constructeurs présents sur le marché chinois.

Un indicateur baptisé SOCE

La norme introduit un indicateur appelé « état d’énergie disponible », ou SOCE. Il correspond à la quantité d’énergie que la batterie peut encore fournir par rapport à sa capacité utilisable lorsqu’elle était neuve. Ce chiffre ne doit pas être confondu avec le niveau de charge, qui indique simplement l’énergie disponible à un instant donné : une batterie peut afficher 100 % de charge tout en ayant perdu une partie de sa capacité initiale au fil du temps. L’écart entre le SOCE communiqué par le véhicule et la valeur réelle ne devra pas dépasser 5 %.

Le texte fixe aussi des seuils précis de capacité résiduelle selon l’âge et le kilométrage du véhicule. La batterie doit conserver au moins 82 % de son énergie disponible initiale après 5 ans ou 100 000 km. Ce minimum descend à 75 % après 8 ans ou 160 000 km, puis à 70 % après 10 ans ou 200 000 km.

La norme prend également en compte l’énergie consommée à l’arrêt, par la climatisation ou d’autres équipements, transformée en kilomètres virtuels pour mieux refléter l’usage réel de la batterie.

Le texte encadre la précision de cette valeur, mais n’impose pas son affichage à bord. Selon les choix des marques, elle pourrait apparaître dans un menu de l’écran central ou être accessible depuis une application mobile.

Le dispositif chinois rappelle le passeport numérique européen des batteries, prévu à partir du 18 février 2027 pour les véhicules électriques et accessible via un QR code. Il regroupera des informations sur l’origine, la composition, l’empreinte carbone, les réparations et l’état de santé de la batterie.

La différence tient surtout au périmètre : la norme chinoise se concentre sur la mesure de la capacité restante et la précision de son affichage, tandis que le passeport européen constitue un dossier plus large, suivant la batterie tout au long de son cycle de vie.

Dans les deux cas, ces outils devraient faciliter l’évaluation des voitures électriques d’occasion et limiter les mauvaises surprises lors de la revente.

Les modalités concrètes de consultation, elles, restent à la discrétion de chaque constructeur.

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