Mauvaise nouvelle pour les automobilistes : ce que l’Europe impose à votre voiture va alourdir la facture de plusieurs centaines d’euros

75 % de pièces européennes minimum : c’est le nouveau seuil qui pourrait chambouler l’industrie automobile. Entre la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, les tensions montent déjà autour de cette définition du « Made in Europe ».

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Mauvaise nouvelle pour les automobilistes : ce que l'Europe impose à votre voiture va alourdir la facture de plusieurs centaines d'euros
Mauvaise nouvelle pour les automobilistes : ce que l’Europe impose à votre voiture va alourdir la facture de plusieurs centaines d’euros © L'Automobiliste

Le Parlement européen travaille désormais sur un seuil de composants européens relevé à 75 % en valeur, dans le cadre du futur label Made in Europe destiné à l’industrie automobile. Ce chiffre dépasse la proposition initiale de la Commission européenne, qui visait un minimum de 70 % hors batterie, avec des exigences séparées prévues pour cette dernière, alerte Economie Matin.

Le durcissement du texte s’explique par l’inquiétude grandissante de Bruxelles face à l’arrivée massive de voitures hybrides chinoises, qui échappent aux droits de douane supplémentaires normalement appliqués aux véhicules électriques venus de Chine. Après une première vague de surtaxes visant les modèles électriques, puis une surveillance accrue des hybrides, le projet Made in Europe sous conditions marque une nouvelle étape dans la construction d’une politique automobile commune à l’échelle du continent.

L’idée qui sous-tend le texte est simple : une voiture simplement assemblée en Europe à partir de pièces venues massivement d’ailleurs ne pourrait plus bénéficier aussi facilement des mêmes avantages qu’un modèle réellement fabriqué sur le continent.

Définitions de ce qui est européen

Reste à savoir ce que recouvre exactement le mot européen, et là, les États membres ne sont pas d’accord. La France défend une définition stricte, limitée pour l’essentiel à l’Union européenne. L’Allemagne, elle, plaide pour une définition plus large, incluant davantage de partenaires commerciaux proches.

L’Espagne propose une voie médiane : un système de plusieurs cercles allant de l’UE elle-même à des partenaires jugés fiables, avec des exigences différentes selon leur proximité économique avec l’Europe. Le Royaume-Uni, le Japon et le Canada sont cités parmi ces partenaires potentiels.

Le Royaume-Uni accepté à une condition

Le cas britannique illustre bien la difficulté de l’exercice. Bruxelles envisage de poser des conditions à ce partenaire proche, pourtant hors de l’Union européenne depuis le Brexit, alors que l’industrie automobile britannique reste intimement liée à celle du continent. Londres souhaite profiter du futur label.

L’Europe est disposée à l’accepter, mais à une condition : que le Royaume-Uni aligne ses droits de douane sur les importations chinoises sur ceux appliqués par l’UE. L’écart est loin d’être anodin.

À ce stade, rien n’est définitivement adopté sur le projet Made in Europe. Les négociations à venir s’annoncent animées. Les importations chinoises n’entrent actuellement au Royaume-Uni qu’avec 10 % de droits de douane, contre des surtaxes pouvant dépasser 35 % du côté de l’Union européenne.

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