Voitures hybrides : des émissions de CO₂ plus élevées sur la route que lors des tests officiels

Les voitures hybrides polluent beaucoup plus que ce qui est inscrit lors des tests WLTP. C’est en tout cas le résultat d’un rapport qui vient de sortir.

Publié le
Lecture : 2 min
voitures-hybrides-emission-CO2-tests
Voitures hybrides : des émissions de CO₂ plus élevées sur la route que lors des tests officiels © L'Automobiliste

Depuis le virage vers l’électrique, l’automobile cherche à produire des véhicules beaucoup moins polluants. Pour rassurer ceux qui ne veulent pas passer directement à l’électrique, les voitures hybrides apparaissent comme un bon compromis. Mais leurs émissions de CO₂ sont bien plus élevées en conditions réelles, d’après une étude.


Les voitures hybrides polluent beaucoup


Le 10 septembre 2025, un rapport de l’ONG Transport & Environment bouscule le discours autour des voitures hybrides. Mesurées par des dispositifs embarqués, leurs émissions réelles de CO₂ s’éloignent radicalement des valeurs issues des tests officiels de la norme WLTP. Alors que les constructeurs les présentent comme des véhicules sobres, ces modèles apparaissent aujourd’hui comme de mauvais élèves de la transition énergétique.


Les données collectées sur plus de 127 000 hybrides rechargeables immatriculés en 2023 démontrent un écart vertigineux : en usage quotidien, les émissions atteignent 139 g de CO₂ par kilomètre, contre seulement 28 g/km affichés lors de l’homologation WLTP, selon Transport & Environment. Autrement dit, les rejets réels sont cinq fois supérieurs aux chiffres avancés par les constructeurs.


Cette différence ne date pas d’hier, mais elle s’amplifie. En 2021, les émissions constatées étaient environ 3,5 fois plus élevées que les valeurs WLTP. L’écart est passé à 4 fois en 2022 avant d’atteindre 5 fois en 2023, d’après les chiffres du rapport. Cette évolution met en évidence une tendance lourde : l’hybridation rechargeable ne parvient pas à tenir ses promesses environnementales.


Pourquoi de si fortes émissions ? Les causes principales


Le premier facteur réside dans la méthode d’évaluation. La norme WLTP repose sur l’hypothèse que les PHEV roulent plus de 80 % du temps en mode électrique. Or, les données embarquées révèlent une réalité bien différente : seulement 26 % du temps de conduite se fait en mode zéro émission. Le moteur thermique reste donc largement sollicité, gonflant les émissions de gaz à effet de serre.


À cela s’ajoute le poids conséquent des batteries. Lorsqu’elles sont déchargées, elles deviennent un handicap énergétique. Les SUV hybrides, souvent choisis dans cette configuration, consomment ainsi davantage de carburant que prévu. Enfin, beaucoup d’automobilistes ne branchent pas régulièrement leur véhicule, réduisant drastiquement l’intérêt de l’option rechargeable. De fait, cette mauvaise habitude contribue directement à l’écart entre les promesses commerciales et les résultats réels.


Conséquences pour la réglementation et le marché


Aujourd’hui, les voitures hybrides rechargeables représentent 8,6 % du marché des immatriculations neuves en Europe et 6,1 % en France, selon le rapport. Ces modèles sont souvent mis en avant pour aider les constructeurs à respecter les objectifs de CO₂ imposés par Bruxelles. L’Union européenne prévoit d’ajuster les calculs de facteurs d’utilisation en 2025 puis en 2027-2028.

Pourtant, même avec ces révisions, les PHEV devraient encore afficher des émissions supérieures d’environ 18 % aux valeurs officielles. Ainsi, ces correctifs ne suffiront pas à combler le fossé. Le risque est clair : si l’écart entre chiffres officiels et réalité persiste, l’hybride rechargeable pourrait être perçu comme un leurre environnemental plutôt que comme une véritable solution de transition.

Laisser un commentaire