Voitures hybrides : les vols de batteries explosent

Silencieuses, économes, écologiques : les voitures hybrides séduisent. Mais leur atout technologique devient leur pire faiblesse. Un élément vital est désormais la cible préférée de réseaux organisés.

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Voitures hybrides : les vols de batteries explosent © L'Automobiliste

Volées en quelques minutes, revendues à prix cassés, les batteries de voitures hybrides alimentent un trafic bien rôdé. De plus en plus prisées, elles deviennent la cible privilégiée de voleurs organisés, au détriment de propriétaires démunis.

Batteries hybrides : une cible accessible et très convoitée

En 2024, les véhicules hybrides ont représenté 1 vente sur 5 en France. Cette montée en puissance attire l’attention… des voleurs. Contrairement aux batteries des modèles 100 % électriques, celles des hybrides sont plus petites (environ 50 kg contre 300 kg pour une hybride rechargeable), facilement atteignables et rapides à extraire. Le tout sans matériel lourd.
L’Île-de-France, les Hauts-de-France et la Belgique figurent parmi les zones les plus touchées. Les malfaiteurs brisent une vitre de custode, déverrouillent les portières arrière, soulèvent la banquette, et démontent la batterie de traction. Le tout en moins de 20 minutes.
« La banquette est complètement détruite, certains éléments en plastique sont cassés », constate Sébastien Meunier, garagiste à Champagne-sur-Oise, cité par TF1. Montant de la remise en état : 11 000 euros.

Les modèles de la marque Toyota sont les plus fréquemment pris pour cibleC-HR, Prius, Yaris. Une constante : leur batterie située sous la banquette arrière, facile d’accès. Les véhicules mild hybrid (hybrides légers) du groupe Stellantis, comme les Peugeot 208, 3008, 5008, et certaines Volvo hybrides, sont aussi dans le viseur, même si leur configuration rend le vol un peu plus complexe.
Benoît Leclair, directeur du groupement des assurances GIE Argos, le confirme dans L’Argus : « Des modèles hybrides Volvo et du groupe Stellantis sont également visés ».

Le marché noir alimente la mécanique du vol

Une batterie neuve peut coûter jusqu’à 3 000 euros chez un garagiste. Sur le marché noir, elle s’échange autour de 600 à 900 euros. Un gain rapide pour les voleurs, des pertes considérables pour les propriétaires.
Ces accumulateurs ne sont pas volés pour leurs matériaux (lithium, cobalt, nickel) mais bien revendus entiers sur des plateformes de petites annonces. Résultat : les vols de pièces détachées ont bondi en France en 2024, atteignant 96 200 cas, soit une hausse de 3,8 % selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Face à cette menace, les constructeurs restent discrets. Un grand constructeur automobile a déclaré à TF1 : « Nous travaillons avec les forces de l’ordre pour mieux sécuriser nos véhicules, mais nous ne pouvons pas en dire plus pour ne pas aiguiller les voleurs ».
Certains professionnels proposent des vis de sécurité, des systèmes d’alarme ou le stationnement en garage fermé. L’application MyToyota, par exemple, permet de géolocaliser le véhicule. Mais comme l’explique Rodolphe Pouvreau, directeur du SRA (Sécurité et Réparation Automobile) dans L‘Argus : « Compte tenu des prix des batteries des voitures et de leur composition, ces pièces risquent d’être encore plus volées à l’avenir ».

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