Chine : la décision radicale qui menace l’avenir des poignées affleurantes sur les voitures électriques

Les poignées de porte affleurantes, symboles d’innovation, cachent des défis techniques inquiétants.

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Chine : la décision radicale qui menace l’avenir des poignées affleurantes sur les voitures électriques
Chine : la décision radicale qui menace l’avenir des poignées affleurantes sur les voitures électriques © L'Automobiliste

Les poignées de porte affleurantes, rendues célèbres par Tesla avec la Model S en 2012, représentent aujourd’hui un signe de modernité dans l’automobile. On les retrouve désormais sur des modèles comme la BMW iX3, où elles s’intègrent totalement ou partiellement dans la carrosserie. Si elles sont saluées pour leur look épuré et leur contribution à l’aérodynamisme, leur utilisation fait aussi débat sur la sécurité et la fiabilité.

Une tendance portée par l’innovation

Depuis une dizaine d’années, ces poignées font leur apparition sur les voitures électriques et même sur quelques véhicules thermiques haut de gamme. D’abord cantonnées aux concept-cars et aux modèles prestigieux, elles se retrouvent peu à peu sur des voitures plus courantes. Cette évolution, largement alimentée par Tesla, a fini par imposer ce design distinctif.

Ces poignées ne sont pas que de jolis atouts visuels ; elles aident aussi à optimiser le coefficient aérodynamique des véhicules. En minimisant les perturbations d’air sur les côtés des voitures, elles offrent une efficacité énergétique améliorée. Toutefois, la réduction réelle du coefficient de traînée reste limitée, allant seulement de 0,005 à 0,01 Cd.

Des défis techniques et des critiques

Derrière leur apparence moderne et épurée, ces poignées posent divers soucis techniques, similaires à un défaut logiciel qui peut affecter la sécurité. Leur mécanique complexe peut parfois mettre en péril la fiabilité du véhicule, nécessitant souvent un mécanisme électrique pour fonctionner – d’où un risque accru de pannes. Chez certains constructeurs, ces défaillances comptent jusqu’à 12 % des problèmes signalés.

Par ailleurs, en hiver, il arrive que la glace les rende inopérantes, obligeant les utilisateurs (notamment les conducteurs de Tesla) à recourir au dégivrage pour pouvoir ouvrir leur voiture.

Sécurité et réglementation en question

La sécurité en cas d’urgence se trouve aussi remise en cause, soulevant des préoccupations en matière de sécurité routière. Des poignées électroniques qui ne répondent pas comme il faut peuvent compliquer l’accès rapide au véhicule en situation de secours. Même si un système mécanique de secours est souvent prévu, il doit permettre d’ouvrir la portière sans avoir besoin d’électricité ou d’une application externe.

Face à ces soucis, les autorités chinoises envisagent de restreindre, voire d’interdire, l’usage de ces poignées rétractables, illustrant une réglementation stricte. Un projet de loi, visant à encadrer ces dispositifs, est en cours de ratification avec une application prévue à partir de 2027. Le président de Great Wall Motor a d’ailleurs critiqué ces systèmes en les qualifiant de « lourds, mal étanches, bruyants et nécessitant une activation électrique », montrant ainsi leurs limites du point de vue de la sécurité.

Un effet de portée internationale

Si la Chine décidait de mettre en place cette interdiction, ça pourrait bien bousculer les normes à l’échelle mondiale pour les voitures électriques. Les constructeurs, qu’ils soient chinois ou étrangers, seraient alors obligés d’ajuster leurs modèles pour respecter ces nouvelles règles. Comme le souligne Anicet Mbida : « Quand quelque chose se passe en Chine (…) il y a de grandes chances que ça se répercute sur toutes les voitures du monde. »

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