Patrimoine automobile : le RN dépose une proposition de loi pour le mettre en valeur

Le RN entend sacraliser le patrimoine automobile du pays. Elle dépose une proposition de loi pour protéger l’histoire du pays dans le secteur.

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Patrimoine automobile : le RN dépose une proposition de loi pour le mettre en valeur © L'Automobiliste

Le Rassemblement national (RN) vient de déposer une proposition de loi à l’Assemblée nationale. Son créneau : sacraliser le patrimoine automobile du pays.

Le RN entend protéger le patrimoine automobile français

Le Rassemblement national (RN) dépose à l’Assemblée nationale une proposition de résolution audacieuse : reconnaître officiellement le patrimoine automobile français et le protéger comme un bien culturel majeur. À une époque où la voiture est souvent l’objet de critiques écologiques, cette initiative fait figure d’OVNI législatif, et d’une manœuvre habile pour reconquérir l’électorat populaire. Les députés du Rassemblement national entendent faire de la préservation du patrimoine automobile un enjeu national. Portée par Pierre Meurin et cosignée par Marine Le Pen, la résolution revendique la reconnaissance officielle de ce pan de l’histoire industrielle et culturelle française.


La proposition ne s’arrête pas à une simple déclaration d’intention. Elle appelle à la mise en place de mesures concrètes de sauvegarde, évoquant notamment l’intégration du patrimoine automobile dans les dispositifs de la Fondation du patrimoine, le soutien à la filière industrielle et artisanale dédiée aux véhicules anciens, ainsi que la création de pôles de formation spécialisés.


Une prise de position qui surprend à première vue, mais qui colle parfaitement à la stratégie du RN : valoriser un imaginaire nationaliste enraciné dans la mémoire collective, où la Renault 4L, la Peugeot 205 GTI ou la Citroën DS deviennent des étendards tricolores à quatre roues.


Patrimoine automobile ou opération de charme ? Le RN entre fascination mécanique et calcul politique


À première vue, qui oserait contester l’exceptionnelle richesse du patrimoine automobile français ? Selon les chiffres de 2020 de la Fédération française des véhicules d’époque (FFVE), la France compte plus de 800 000 véhicules de collection. Pourtant, seuls 457 véhicules ont été classés comme « objets monuments historiques » depuis 1978. Pour le RN, c’est une hérésie : « Une sous-représentation », déplore le texte.


Mais au-delà de la fibre patrimoniale, l’initiative soulève des interrogations. Ce retour en grâce de la vieille mécanique serait-il une tentative de séduire l’électorat nostalgique des campagnes, lassé des injonctions écologiques venues des métropoles ? N’y a-t-il pas derrière cette sacralisation automobile une critique à peine voilée de la transition énergétique ? Comme pour appuyer son propos, le RN rappelle que la première course automobile s’est tenue en France en 1898 entre Paris et Bordeaux, que le premier Grand Prix de France a eu lieu au Mans en 1906, et que la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), fondée en 1904, a toujours son siège à Paris. Des faits, certes. Mais aussi une manière de souligner le rôle central de la France dans l’histoire mondiale de l’automobile, avec en toile de fond une ambition de reconquête culturelle.


Si le RN cherche à séduire par les émotions, il ne néglige pas les arguments économiques. La restauration des voitures anciennes représente une filière à part entière : artisans carrossiers, mécaniciens spécialisés, métiers rares en voie de disparition. L’ambition est claire : préserver les savoir-faire, maintenir des emplois de niche et valoriser le tissu industriel local. Cependant, la proposition ne prévoit aucun cadre budgétaire pour permettre de valoriser ce patrimoine automobile. Les débats vont se poursuivre dans l’hémicycle.

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