Inter-files : cette faille méconnue qui permet parfois d’annuler votre amende

Un an après la légalisation de la circulation inter-files, les motards constatent des améliorations, mais des flous persistent.

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Inter-files : cette faille méconnue qui permet parfois d’annuler votre amende
Inter-files : cette faille méconnue qui permet parfois d’annuler votre amende © L'Automobiliste

Depuis le 9 janvier 2025, motards et conducteurs de scooters en France voient la circulation inter-files (CIF) officiellement légalisée. Cette pratique, se faufiler entre les files de voitures, était jusque-là « vaguement tolérée ». La légalisation visait à encadrer une habitude largement répandue et à fluidifier la circulation quand le trafic est dense. Le bilan est globalement positif, mais des points posent encore question, notamment sur la verbalisation et la façon dont l’information a été diffusée.

Le cadre légal, expliqué simplement

La légalisation a été fixée par le décret du 9 janvier 2025 : la CIF est autorisée sur routes et autoroutes comportant au moins deux fois deux voies séparées par un terre-plein central, quand la vitesse maximale autorisée est comprise entre 70 et 130 km/h. Une dérogation permet aussi son usage sur le périphérique parisien, explique Caradisiac. Les véhicules concernés sont les deux ou trois-roues motorisés de moins d’un mètre de large. La CIF est subordonnée à une circulation dense, avec une vitesse limitée à 50 km/h, qui tombe à 30 km/h si l’une des files est à l’arrêt.

Pourtant, malgré ce cadre clair, des difficultés subsistent dans l’application par les forces de l’ordre. Certains procès-verbaux (PV) dressés pour infraction à la CIF se contentent d’indiquer une « circulation irrégulière en inter-files » sans préciser la nature exacte de la faute. Selon Mathias Houssin, maître de conférences à l’École de droit de la Sorbonne, ce manque de précision peut rendre le PV juridiquement fragile.

Ce que critiquent les motards

La Fédération Française des Motards en Colère, qui a longtemps milité pour la légalisation, épingle régulièrement ces irrégularités. L’association a publié un « Mémento du verbalisé » pour aider les motards à contester des PV jugés peu argumentés. Elle encourage les conducteurs à défendre leurs droits, en faisant valoir qu’un PV non détaillé est souvent « renvoyé des fins de la poursuite » par une juridiction de proximité.

Autre souci relevé : le cumul abusif d’infractions. Certains agents notent plusieurs infractions lors d’un même contrôle, ce qui peut conduire à un retrait de points dépassant le plafond légal de 8 points sur 12 pour des infractions simultanées : une irrégularité pointée par le code de la route via l’article L. 223-2.

Perception du public et bénéfices constatés

Un sondage réalisé auprès de 500 personnes montre que presque tous les motards connaissent le cadre légal. Deux tiers des répondants constatent une amélioration de la circulation lors des embouteillages, tandis qu’environ 30 % ne voient aucun changement concret. La communication sur la CIF est jugée insuffisante et trop axée sur les motards par huit personnes sur dix, ce qui nourrit toujours des tensions avec des automobilistes mal informés.

Parmi les avantages relevés, la légalisation est perçue comme un gain de temps pour les usagers de deux-roues et contribue à réduire certains risques, comme les collisions arrière. Elle pousse aussi motards et automobilistes à une plus grande vigilance. Malgré tout, des incompréhensions persistent et limitent les bénéfices potentiels de la règle.

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