L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a publié, le 30 janvier 2026, son bilan provisoire pour l’année 2025. Le constat est alarmant, la mortalité routière a augmenté de 2,1 % par rapport à 2024. Ce sont 3 513 personnes qui ont perdu la vie sur les routes françaises, un chiffre qui relance les débats sur l’efficacité des politiques publiques de sécurité et la multiplication des comportements à risque. Au cœur de l’inquiétude, la consommation en hausse de protoxyde d’azote, un stupéfiant aux effets dévastateurs sur la conduite.
Une mortalité en hausse malgré les dispositifs de prévention
D’après les chiffres officiels, 3 260 décès ont été enregistrés en France métropolitaine en 2025, soit une hausse significative de +2,1 % par rapport à 2024, selon l’ONISR. Dans les territoires ultramarins, le bilan est tout aussi préoccupant avec 253 morts, ce qui représente une augmentation de +6 %. Ces données confirment une recrudescence inquiétante de l’accidentalité routière, après une année 2024 marquée par une baisse modérée des décès.
Cette dégradation s’accompagne également d’une hausse du nombre de blessés graves : environ 16 600 personnes ont été grièvement blessées, soit +4 % sur un an. En tout, 244 000 personnes ont été blessées sur les routes en 2025, toutes gravités confondues. La majorité de ces accidents se sont produits hors agglomération, où 61 % des décès et 49 % des blessures graves ont été recensés, toujours selon l’ONISR.
Le protoxyde d’azote, nouveau facteur de risque majeur
Longtemps cantonné aux usages festifs, le protoxyde d’azote a pris une dimension dramatique sur les routes françaises. En 2025, les autorités ont pointé son rôle dans de trop nombreux accidents. Utilisé à des fins récréatives pour ses effets euphorisants, ce gaz, pourtant en vente libre, altère fortement les capacités cognitives et réflexes, ce qui le rend particulièrement dangereux au volant.
La ministre déléguée chargée de la sécurité routière, Marie‑Pierre Vedrenne, a exprimé son indignation face à cette situation, parlant d’une « réalité inadmissible », comme on peut le lire dans Le Monde. Elle a également annoncé que des mesures de prévention et de répression seraient renforcées dès 2026 pour freiner l’usage de ce produit sur la voie publique. L’usage « détourné du protoxyde d’azote » représente aujourd’hui un enjeu sanitaire et sécuritaire majeur, selon les services de l’État.
Les usagers vulnérables en première ligne
Parmi les catégories les plus exposées, les usagers de trottinettes électriques apparaissent particulièrement vulnérables. En 2025, 80 personnes ont trouvé la mort en utilisant un engin de déplacement personnel motorisé, soit 35 décès de plus qu’en 2024. Ces chiffres révèlent l’impact grandissant des nouvelles mobilités sur la sécurité routière, en particulier dans les zones urbaines denses où la cohabitation entre modes de transport reste conflictuelle. En parallèle, la mortalité chez les utilisateurs de deux‑roues motorisés a légèrement reculé.
Le bilan fait état de 691 morts, ce qui représente 29 décès de moins que l’année précédente. Ce contraste souligne la complexité de la situation : si certaines pratiques évoluent positivement, d’autres, notamment celles associées à de nouveaux usages et produits, provoquent une dégradation du bilan global.
Des comportements à risque qui persistent
Malgré les campagnes de sensibilisation, les grands facteurs de risque restent inchangés : vitesse excessive, consommation d’alcool et usage de stupéfiants continuent de nourrir le fléau de la mortalité routière. En 2025, ces comportements ont été régulièrement mis en cause dans les accidents les plus graves, particulièrement chez les jeunes conducteurs.
À cela s’ajoute une nouvelle menace, la banalisation de substances à effet psychoactif rapide, telles que le protoxyde d’azote, dont la diffusion massive sur Internet rend le contrôle difficile. La facilité d’accès à ces produits constitue une faille réglementaire pointée par plusieurs experts, tandis que les autorités évoquent déjà un durcissement législatif pour encadrer leur vente et leur usage.


