Depuis le 24 juin 2025, le scandale Takata s’est brusquement intensifié. Le gouvernement français a ordonné le rappel immédiat de 800 000 véhicules supplémentaires, équipés d’airbags potentiellement mortels. Des garages, dont Speedy et Point S, refusent désormais toute intervention sur les voitures concernées. Motif invoqué : la sécurité de leurs salariés.
Les garagistes refusent, la peur des airbags explosifs
Ils étaient conçus pour protéger. Aujourd’hui, ils tuent. Les airbags de la marque Takata, installés dans des millions de voitures à travers le monde entre 1998 et 2019, sont désormais synonymes de risques mortels. En France, ils sont responsables de 18 décès et 25 blessés, dont 16 morts en Outre-mer seulement. Face à ce danger, les garages indépendants et les grandes enseignes se rebiffent. Depuis la fin juillet, Speedy a acté un refus catégorique de prise en charge. « Il vous appartient de vérifier si votre véhicule fait l’objet d’un rappel constructeur », indique la marque sur son site.
« Nos centres ne pourront procéder à l’entretien ou à la réparation de votre véhicule tant que les airbags concernés n’auront pas été remplacés », peut-on lire sur TF1 Info. Un responsable d’un autre réseau justifie ce choix sans détour : « Ça devient trop dangereux pour nos salariés de travailler sur ces véhicules. Nos équipes ne sont pas formées ni habilitées pour prendre ce risque ».
Des millions de véhicules immobilisés, une réglementation inédite
L’arrêté du 29 juillet 2025, signé par le ministère chargé des Transports, impose des règles strictes : toute voiture équipée d’un airbag Takata dans les DOM-COM, en Corse ou construite avant 2011 en métropole est désormais interdite de circulation. Le bilan national est lourd : 800 000 véhicules ajoutés à la liste en juin, 1,7 million au total interdits de rouler (« stop drive »), 2,5 millions de voitures rappelées toutes mesures confondues.
Les airbags en cause contiennent du nitrate d’ammonium, un explosif instable sans agent dessiccant. Avec le temps et l’humidité, ce composé chimique peut provoquer une détonation non contrôlée, projetant des fragments métalliques à travers l’habitacle.
Les constructeurs sous pression, des mesures d’urgence imposées
Conformément à l’arrêté gouvernemental, les constructeurs doivent désormais :
- Notifier tous les propriétaires sous 20 jours ;
- Offrir un rendez-vous de réparation sous deux mois ;
- Mettre à disposition un véhicule de courtoisie ou une location gratuite si le remplacement excède 15 jours ;
- Organiser une réparation à domicile ou un remorquage si nécessaire ;
- Maintenir un stock suffisant de pièces sous peine de sanctions.
Mais dans les faits, les automobilistes sont pris en étau. Refus de prise en charge dans les garages, délais d’attente dans les concessions, manque de communication… Le quotidien devient un casse-tête logistique.



