La loi RIPOST (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité) a été définitivement adoptée par le Parlement le 21 juillet 2026. Depuis la mi-juillet, les titulaires d'un permis probatoire n'ont plus le droit de conduire une voiture jugée puissante. Les contrevenants s'exposent à une amende de 15 000 euros et à un an d'emprisonnement.
L'interdiction ne se limite pas à la possession du véhicule. Elle vaut aussi bien si le jeune conducteur possède la voiture que s'il la loue ou se la fait simplement prêter, du moment qu'il détient un permis probatoire valide. La mesure vise à réduire les accidents impliquant des automobilistes peu expérimentés, plusieurs drames de la route ayant été liés à des conducteurs novices au volant de bolides, souvent loués dans le but de se filmer et de faire le buzz sur les réseaux sociaux.
Les loueurs de véhicules ne sont pas épargnés. Un professionnel qui contrevient à la loi risque une amende de 1 500 euros par infraction, montant doublé en cas de récidive, soit 3 000 euros.
Un seuil de puissance encore inconnu
La loi ne précise pas à partir de combien de chevaux une voiture est considérée comme trop puissante. Un décret doit fixer ce seuil, attendu à l'automne 2026, selon des informations rapportées par le site Presse Citron. En attendant, le texte lui-même s'interroge sur plusieurs paliers possibles, 100, 150 ou 200 chevaux, sans trancher.
Ce flou complique pour l'instant l'application concrète de la mesure : ni les jeunes conducteurs ni les loueurs ne savent précisément quels modèles tombent sous le coup de l'interdiction, qu'il s'agisse d'une voiture sportive, d'un SUV ou même d'une citadine un peu nerveuse.
Le gouvernement estime qu'un conducteur novice ne dispose pas toujours de l'expérience et des réflexes nécessaires pour maîtriser ce type de véhicule, une logique déjà appliquée aux motards, qui doivent respecter des restrictions de puissance dans le cadre du permis A2. En pratique, et faute de seuil officiel, la prudence recommande aux jeunes conducteurs de privilégier les petites cylindrées jusqu'à la publication du décret.
Le permis probatoire concerné dure trois ans pour les titulaires d'un permis classique obtenu en auto-école, et deux ans pour ceux qui sont passés par la conduite accompagnée ou une formation post-permis. Pendant toute cette période, d'autres règles s'appliquent déjà :
- 110 km/h maximum sur autoroute au lieu de 130,
- 100 km/h sur les voies rapides à chaussées séparées au lieu de 110,
- 80 km/h sur les autres routes hors agglomération au lieu de 90.
Les jeunes conducteurs démarrent par ailleurs avec 6 points sur leur permis, contre 12 pour un permis définitif classique.
La loi RIPOST ne se limite pas à cette interdiction. Le texte déploie aussi un arsenal répressif contre les rodéos urbains, les free parties et la consommation de protoxyde d'azote, à l'origine de nombreux accidents.



