Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les plaques d’immatriculation provisoires, celles qui portent les lettres WW ou la mention W garage, ont changé d’apparence sur les routes de France. Fini le blanc classique : place à un fond rose, sur lequel figure désormais une date d’expiration, explique Presse Citron.
Ce nouveau format est devenu la norme légale pour circuler temporairement en France. La réforme a été mise en place par l’organisme France Titres, avec un objectif affiché : simplifier les contrôles et lutter plus efficacement contre la fraude.
Un système WW devenu trop facile à contourner
L’ancien dispositif avait un défaut de taille. Lors de l’achat d’un véhicule, l’acheteur recevait une plaque temporaire blanche commençant par les lettres WW, valable de 4 à 6 mois. Problème : ces plaques ressemblaient trop aux plaques classiques et ne permettaient pas une identification rapide.
Pire encore, les combinaisons WW sont limitées en nombre. Les mêmes numéros étaient réattribués à peu près tous les 14 mois, ce qui pouvait produire des situations absurdes : un conducteur recevait parfois les contraventions d’un autre automobiliste, resté en infraction sous une plaque désormais réattribuée. L’idée de basculer vers une couleur distinctive vient d’ailleurs de l’association 40 millions d’automobilistes, qui avait aussi suggéré d’intégrer directement une date de validité sur la plaque.
Sur la nouvelle plaque rose, le numéro reste en caractères noirs, mais l’identifiant territorial habituel, le logo de région et le numéro de département, disparaît de la partie droite. À la place : la date d’expiration du certificat provisoire, au format mois/année. De quoi vérifier en un coup d’Å“il si le véhicule est toujours autorisé à circuler.
Cette couleur vient s’ajouter à un code déjà en place. Les plaques rouges signalent un véhicule neuf acheté en France mais destiné à l’exportation, les plaques vertes le corps diplomatique, les plaques bleues certains véhicules militaires et les plaques noires les véhicules de collection.
Plus de 400 000 immatriculations concernées chaque année
Le changement touche plus de 400 000 immatriculations délivrées chaque année en France, réparties en trois catégories : les véhicules neufs en attente d’immatriculation définitive, les véhicules importés avant leur immatriculation en France, et ceux utilisés par les professionnels pour des essais routiers.
La mesure a été officialisée par un arrêté daté du 21 novembre 2025, signé par le ministre de l’Intérieur et le ministre des Transports. Elle s’inscrit dans une démarche de sécurisation du Système d’Immatriculation des Véhicules.
Une source institutionnelle liée à France Titres a détaillé les objectifs de la réforme : « La mise en place de ces plaques roses, très reconnaissables, permettra de mieux repérer et contrôler les véhicules sous immatriculation provisoire. » Le même texte précise que la fraude, bien que marginale au regard du volume total de dossiers gérés par le système, « a pris de l’ampleur ces dernières années », justifiant le déploiement d’actions efficaces et opérationnelles pour la juguler.
Les sanctions ont été calibrées pour dissuader les retardataires. Circuler avec une plaque provisoire non conforme au nouveau format, ou dont la date est dépassée, expose à une amende pouvant atteindre 750 €. Le véhicule peut aussi être immobilisé sur-le-champ, jusqu’à régularisation.
Le cas de la fraude avérée ou de l’usurpation de plaques est traité bien plus sévèrement : l’infraction devient alors un délit, passible de 7 ans de prison et de 30 000 € d’amende. La confiscation du véhicule et l’annulation du permis de conduire peuvent également être prononcées.
Les automobilistes qui gardaient leurs plaques WW bien après le délai imparti, parfois sans même s’en rendre compte, ne pourront plus compter sur la ressemblance avec les plaques classiques pour passer inaperçus.





