107 nouvelles règles d’ici 2030, Dacia alerte l’Europe pour préserver les voitures abordables

Trois millions de voitures envolées depuis 2019, un quart du budget R&D englouti dans les normes, et un bouton qui fait l’unanimité chez Dacia : celui qui coupe les bips. L’explication derrière ce constat surprenant.

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107 nouvelles règles d’ici 2030, Dacia alerte l’Europe pour préserver les voitures abordables
107 nouvelles règles d’ici 2030, Dacia alerte l’Europe pour préserver les voitures abordables © L'Automobiliste

« Le marché européen a perdu trois millions de voitures depuis 2019 et n’est jamais revenu aux niveaux d’avant le Covid », a déclaré Katrin Adt, nouvelle patronne de la marque Dacia, dans un entretien accordé au média britannique Autocar. La dirigeante appelle les législateurs européens à assouplir la réglementation sur les petites voitures pour faire baisser les prix et relancer la croissance de l’industrie automobile sur le continent.

Katrin Adt compare cette perte à la disparition pure et simple du marché allemand, le plus vaste d’Europe, ou à la fermeture d’une dizaine d’usines d’assemblage. Un phénomène qui, selon elle, ne s’observe nulle part ailleurs dans le monde. « Le monde a plus que jamais besoin de Dacia, mais il n’a jamais été aussi difficile d’être Dacia », résume-t-elle.

La cause principale, d’après elle : des voitures devenues trop chères pour une part croissante du public, du fait de la réglementation.

25 % du budget R&D absorbés par les normes

L’Union européenne impose aux constructeurs une avalanche de normes environnementales et de sécurité. Le règlement GSR2, cité par Adt, rend obligatoires de nombreuses aides électroniques à la conduite sur tous les véhicules neufs. Résultat : « 25 % de notre budget R&D et de nos effectifs d’ingénieurs sont actuellement consacrés au seul respect de ces règles », explique la dirigeante à Autocar.

Dacia a déjà satisfait à une centaine de réglementations. Il lui en reste 107 à intégrer d’ici la fin de la décennie. Ce travail alourdit le coût de fabrication des petites voitures, réduit les marges et pousse les prix vers le haut.

Katrin Adt s’interroge : « La question est : est-ce exactement ce dont le client a besoin et ce qu’il veut ? » Elle glisse un détail révélateur : le bouton le plus utilisé dans les voitures Dacia reste celui qui permet de couper les bips d’alerte des aides à la conduite.

Face à ce constat, Dacia a saisi la Commission européenne, aux côtés d’autres constructeurs, pour réclamer un gel réglementaire portant au moins sur les petites voitures afin de « donner une chance de proposer une mobilité abordable ». Fabrice Cambolive, directeur général de la marque Renault, maison mère de Dacia, va plus loin en réclamant un gel des normes pendant dix ans, dénonçant un tsunami réglementaire venu d’Europe.

Selon lui, ce gel permettrait à l’industrie de se concentrer sur l’accessibilité financière et l’électrification pour relancer le marché. Sans assouplissement, concevoir des véhicules légers, simples et bon marché deviendrait, selon le constructeur, techniquement et financièrement impossible.

Cette sortie médiatique intervient alors que Dacia vient de lancer la nouvelle génération de sa Spring électrique. Katrin Adt avait par ailleurs suggéré qu’un assouplissement réglementaire sur les petites voitures pourrait conditionner la mise en production de la microcar Dacia Hipster.

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