Le marché de l’occasion recule, les prix baissent à leur plus bas depuis 2022

En juillet 2026, les immatriculations de véhicules d’occasion ont reculé de 3,4% par rapport à juillet 2025, selon AutoScout24.

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Le marché de l’occasion recule, les prix baissent à leur plus bas depuis 2022 © L'Automobiliste

Le marché français de l’automobile d’occasion poursuit sa descente. En juillet 2026, 472 884 véhicules d’occasion ont été immatriculés, soit 3,4% de moins qu’en juillet 2025. Sur les sept premiers mois de l’année, le recul atteint 4% en volume, avec 3,1 millions d’immatriculations. À nombre de jours ouvrés comparables, la baisse grimpe même à 4,6%. Voilà qui confirme une tendance amorcée depuis le début de l’année et qui ne semble pas près de s’inverser.

Mais reprenons. Le phénomène n’est pas nouveau. Par rapport à la période pré-Covid, le marché de l’occasion reste en retrait de 17,7% en juillet et de 10,7% sur le cumul annuel. Autrement dit, le niveau de 2019, année de référence avant la crise sanitaire, n’a toujours pas été retrouvé. Le marché ne s’est jamais complètement remis du choc de 2020, et les années suivantes n’ont pas permis de combler l’écart. La reprise tant espérée ne vient pas.

Le neuf progresse, l’occasion recule

Pendant que l’occasion s’enfonce, le marché du neuf affiche une dynamique inverse. En juillet 2026, 126 808 véhicules neufs ont été immatriculés, soit une hausse de 9% par rapport à juillet 2025. Sur l’ensemble de l’année, la progression atteint 2,7%, avec 984 033 immatriculations. Le rapport entre véhicules d’occasion et véhicules neufs s’établit à 3,73 en juillet et à 3,15 sur l’année. Un chiffre qui témoigne d’un rééquilibrage progressif entre les deux marchés.

Pour autant, le marché du neuf reste 26,5% en dessous de son niveau de 2019. La reprise existe, mais elle est lente, fragile, et ne suffit pas à compenser les pertes accumulées. Le renouvellement du parc automobile français avance donc au ralenti, avec des conséquences sur l’âge moyen des véhicules en circulation et sur les objectifs de décarbonation affichés par les pouvoirs publics.

Les Français se tournent vers les voitures plus anciennes

L’analyse par tranche d’âge révèle un autre phénomène. Les véhicules de plus de 16 ans sont les seuls à progresser, avec une hausse de 4,9% en volume et de 8,5% en part de marché. Ils représentent désormais près de 28% des immatriculations d’occasion. À l’inverse, les véhicules très récents, âgés d’un an ou moins, résistent mieux que le reste du marché, avec une baisse limitée à 2,8%. Leur part de marché reste stable autour de 10%.

Les jeunes occasions de 2 à 5 ans reculent de 5,6% en volume et de 2,3% en part de marché. Le segment des 6 à 10 ans enregistre une baisse de 6,7% en volume et de 3,4% en part de marché. En réalité, les Français achètent moins de véhicules d’occasion dans les tranches d’âge intermédiaires, et se reportent soit sur du très récent, soit sur du très ancien. La recherche d’un équilibre entre budget et modernité pousse une partie des acheteurs vers les modèles les plus anciens, donc les moins chers.

Les prix baissent, les marques chinoises progressent

Le prix moyen des annonces de voitures d’occasion sur AutoScout24 s’établit à 29 257 euros en juillet 2026, soit une baisse de 6,5% par rapport à juillet 2025 et de 8,1% par rapport à juillet 2024. Il s’agit du prix moyen le plus bas observé depuis décembre 2022. Le marché de l’occasion poursuit donc son ajustement, après les hausses enregistrées pendant la crise des semi-conducteurs et la pénurie de véhicules neufs.

Du côté des marques, les Français restent fidèles aux constructeurs nationaux, qui conservent 46,6% de part de marché. Mais le recul est réel, avec 4,2% de baisse en volume et 0,8 point de part de marché en moins. Les marques premium allemandes sous-performent, avec une chute de 6,9% en volume et de 3,6% en part de marché. Mercedes-Benz accuse la plus forte baisse, à 10,7%, devant Audi (5,4%) et BMW (4,8%).

À l’inverse, les marques chinoises continuent leur percée. Les immatriculations progressent de 82,3%, et la part de marché atteint 0,74%, contre 0,39% en juillet 2025. Le phénomène reste marginal en volume, mais la dynamique est là. Les marques coréennes poursuivent également leur progression, avec une hausse de 1,5% en volume et de 5% en part de marché. Hyundai se distingue avec une croissance de 7,6%.

L’électrification avance, le diesel résiste

La transition énergétique se poursuit sur le marché de l’occasion. Les immatriculations de véhicules 100% électriques d’occasion augmentent de 55%, et celles des hybrides de 24,5%. Les motorisations électrifiées représentent désormais près d’un véhicule d’occasion sur cinq. Le diesel reste néanmoins la première motorisation du marché de l’occasion, avec 42% de part de marché.

Reste que la reprise du marché du neuf constitue une perspective positive pour l’occasion. Les véhicules immatriculés aujourd’hui viendront progressivement alimenter l’offre de demain, notamment en modèles électrifiés. Mais le décalage entre la promesse politique d’une transition rapide et la réalité du parc automobile français demeure. Le renouvellement avance, certes, mais à un rythme bien inférieur aux ambitions affichées.

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