« Je l’appuie avant même de démarrer » : ce bouton discret sur les Renault et Dacia désactive les aides à la conduite que Bruxelles vous impose

La nouvelle Dacia Spring coûte bien plus cher qu’avant, et la marque hausse le ton face à Bruxelles. Entre prix en hausse et bouton « magique » qui coupe les bips, découvrez ce qui divise déjà les automobilistes.

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« Je l'appuie avant même de démarrer » : ce bouton discret sur les Renault et Dacia désactive les aides à la conduite que Bruxelles vous impose
« Je l’appuie avant même de démarrer » : ce bouton discret sur les Renault et Dacia désactive les aides à la conduite que Bruxelles vous impose © L'Automobiliste

Dacia a dévoilé la nouvelle génération de sa citadine Spring, pensée comme une déclinaison « bon rapport qualité-prix » de la Renault Twingo. Quatre places, une autonomie homologuée de 155 miles (249,4 km) et un prix qui doit en faire l’une des voitures neuves les moins chères du Royaume-Uni.

Le véhicule arrivera outre-Manche au premier semestre 2027, à un prix de départ fixé juste sous les 18 000 £. Fabriquée en Slovénie aux côtés de la Twingo, la Spring pourrait être éligible à une remise de 3 750 £ dans le cadre du dispositif britannique Electric Car Grant, ce qui ramènerait son prix à environ 14 000 £.

Un bond net par rapport à l’ancien modèle, qui démarrait à 11 990 £, ou 12 990 £ avec le moteur de 100 chevaux. Même avec la remise maximale, la nouvelle venue perdra son titre de voiture neuve la moins chère du pays au profit de la Leapmotor T03, vendue 12 995 £.

Côté mécanique, une seule motorisation est prévue : une batterie de 27,5 kWh couplée à un moteur électrique avant de 79 chevaux, pour un 0 à 100 km/h en 12,1 secondes et une charge plafonnée à 50 kW. Dacia justifie ce choix par les usages réels de sa clientèle : le propriétaire moyen d’une Spring parcourt 13 miles par jour, souvent en seconde voiture du foyer, et 75 % des recharges se font à domicile.

La conception, de la planche à dessin à la production, a demandé 16 mois, un délai plus court que pour n’importe quel autre modèle du groupe Renault jusqu’ici.

Une carrosserie plus large, un coffre avant inédit

Avec 3 850 mm de long, 1 740 mm de large et 1 490 mm de haut, la Spring reprend à peu près le gabarit de la Twingo et gagne sensiblement en taille par rapport à l’ancienne génération. Le directeur du design chez Dacia, David Durand, voulait rendre la citadine « plus robuste que la précédente », reconnaissant qu’avec de meilleures proportions, l’ancien modèle, un peu étroit et équipé de petites roues, aurait pu séduire davantage.

Il oppose les deux sœurs du groupe, expliquant que la Twingo est une voiture souriante et ronde aux couleurs pop et funky, tandis que la Spring se veut une petite voiture électrique plus moderne, sérieuse et trapue.

La nouvelle Spring embarque un frunk de 18 litres, et une capacité de chargement totale de 337 litres, proche de celle de la Renault 5, pourtant plus grande. La finition d’entrée de gamme Expression se contente d’un support pour smartphone, la version Journey ajoute un écran tactile de 10,1 pouces.

Ce lancement est le premier des quatre nouveaux modèles électriques que Dacia prévoit de sortir d’ici 2030, à raison d’environ un par an, parmi lesquels une nouvelle Sandero avec option électrique.

Le bouton qui coupe les alertes, star inattendue des Dacia

Dans le même entretien accordé au magazine britannique Autocar, la directrice générale de Dacia, Katrin Adt, a livré un constat qui tranche avec le discours habituel sur les aides à la conduite. Selon elle, le bouton le plus utilisé dans les voitures de la marque n’est ni une commande de confort ni un réglage audio, mais celui qui permet d’éteindre d’un coup plusieurs assistances.

« Le bouton le plus utilisé dans nos voitures est ce que nous appelons le ’bouton magique’, qui permet de couper tous les bips », a-t-elle résumé.

Situé sur la planche de bord, à gauche du volant, ce bouton active en deux pressions le mode « My Safety Perso » et désactive les aides préalablement choisies par le conducteur, qu’il s’agisse de l’alerte de survitesse, du maintien dans la voie ou de la surveillance de l’attention.

En interne chez Renault et Dacia, on partage le même constat : certains automobilistes ont le sentiment d’être en permanence surveillés et corrigés par leur propre voiture. « La question est de savoir si c’est exactement ce dont le client a besoin et ce qu’il veut », a ajouté Adt.

D’autres constructeurs, dont BMW, Mercedes, Mazda et Peugeot, proposent des fonctions de désactivation rapide sur certains modèles, mais le système Dacia se distingue par sa capacité à mémoriser un réglage complet et à le rappeler d’une simple pression physique.

Un gel réglementaire réclamé à Bruxelles

Ce bouton intervient dans un contexte réglementaire européen tendu. Le règlement GSR2 sur la sécurité générale des véhicules impose progressivement de nouveaux équipements : depuis le 7 juillet 2024, ces obligations, qui incluent l’adaptation intelligente de la vitesse, l’alerte de somnolence, le signal de freinage d’urgence et la détection en marche arrière, s’appliquent à toutes les voitures neuves vendues dans l’Union, et non plus seulement aux modèles homologués après juillet 2022.

Une extension similaire s’applique depuis le 7 juillet 2026 : l’avertisseur avancé de distraction du conducteur doit désormais équiper l’ensemble des véhicules neufs concernés, y compris ceux homologués avant 2024.

Dacia chiffre le poids de cette mise en conformité : la marque a déjà satisfait à une centaine de réglementations de sécurité et d’émissions, et 107 autres doivent encore s’appliquer d’ici à la fin de la décennie, mobilisant 25 % de son budget de recherche et développement et 25 % de ses ingénieurs.

« Si vous cherchez pourquoi nos voitures deviennent aussi chères, la principale raison est la réglementation », a affirmé Katrin Adt, qui situe la demande dans un marché européen toujours inférieur d’environ trois millions de véhicules à son niveau de 2019.

Dacia a donc demandé à la Commission européenne « au moins un gel réglementaire sur les petites voitures afin d’avoir une chance de proposer une mobilité abordable ».

Le directeur général de la marque Renault, Fabrice Cambolive, est allé plus loin auprès d’Autocar, dénonçant un « tsunami de réglementations venant d’Europe » et plaidant pour un gel de dix ans sur certaines catégories de voitures. La Commission européenne défend de son côté ces obligations au nom de la sécurité routière, estimant que l’ensemble des mesures du règlement pourrait sauver plus de 25 000 vies et éviter au moins 140 000 blessures graves d’ici 2038.

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