Ce nouveau panneau sur les routes françaises intrigue les automobilistes : voici ce qu’il signifie vraiment et pourquoi il change tout

20 à 25 lynx tués chaque année sur les routes du Jura et du Doubs : un nouveau panneau, testé pendant trois ans, pourrait enfin changer la donne. Suffira-t-il à sauver l’espèce ?

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Ce nouveau panneau sur les routes françaises intrigue les automobilistes : voici ce qu'il signifie vraiment et pourquoi il change tout
Ce nouveau panneau sur les routes françaises intrigue les automobilistes : voici ce qu’il signifie vraiment et pourquoi il change tout © L'Automobiliste

Un arrêté signé le 22 juillet 2026 par le ministère de l’Intérieur, publié au Journal officiel le 25 juillet 2026, autorise à titre expérimental l’installation d’un nouveau panneau de signalisation routière : un triangle blanc de danger, liseré de rouge, représentant la silhouette d’un lynx boréal et de son petit en train de gambader. L’expérimentation doit durer trois ans.

Jusqu’à présent, aucun modèle de ce type n’existait dans le Code de la route français. « Jusqu’à présent, le seul panneau faune sauvage réglementaire en France, c’est un cerf qui traverse la route. Donc ça nous a demandé beaucoup de travail pour créer un panneau officiel qui puisse être approuvé par les autorités », explique Julien Barlet, chargé de mission milieux naturels au Parc naturel régional du Haut-Jura, dans un entretien accordé à TF1 info.

Axes surveillés en priorité

Le dispositif cible d’abord la RN5, entre Champagnole et Les Rousses, dans le Jura, et la RN57, qui relie Pontarlier à la frontière suisse, dans le Doubs. Dix sections réparties sur ces axes doivent recevoir la signalétique, choisies après un long travail de diagnostic sur les collisions passées. Une seconde étape, portant sur les routes départementales comme la RD470, doit suivre.

  • Les panneaux seront installés en bord de route, avant et dans les corridors forestiers, contrairement à ceux posés jusqu’ici par les communes à l’entrée des villages.
  • Trois modèles doivent voir le jour, dont un invitant les conducteurs à adopter une vitesse particulière.

Les premiers exemplaires sont attendus dès octobre 2026. « Le but, c’est de sensibiliser les usagers de la route au risque de collision », résume Barlet, qui espère une reconnaissance durable du dispositif, espérant que le panneau soit validé au bout de ces trois ans, pour intégrer le code de la route. Un rapport d’évaluation est prévu 6 mois avant l’échéance, et l’expérimentation pourrait être prolongée dans l’attente d’une éventuelle homologation.

Vingt à vingt-cinq lynx tués chaque année

La mesure répond à un problème documenté. Depuis le début des années 2020, 124 lynx ont été percutés par des véhicules dans la région, dont sept seulement ont survécu, selon Gilles Moyne, directeur du Centre Athénas. « La mortalité induite par la circulation est énorme, c’est 20 à 25 lynx par an », affirme-t-il, ajoutant que le trafic routier augmente chaque année.

Barlet évoque de son côté « un souci majeur pour la conservation du lynx », lié au fait que de nombreuses routes du massif jurassien coupent des corridors forestiers empruntés par l’animal.

Le Centre Athénas, centre de soins qui accueille et soigne des lynx blessés, réclamait ce type de dispositif depuis longtemps. Faute de réponse des services de l’État pendant une vingtaine d’années, l’association avait fini par financer elle-même la fabrication de panneaux grâce à un legs reçu à la fin des années 2010.

Plus de 200 exemplaires ont ainsi été distribués gratuitement dans une soixantaine de communes du Jura et du Doubs, posés à l’entrée et à la sortie des villages à l’initiative des maires. Moyne rappelle que cela faisait une vingtaine d’années qu’ils réclamaient aux services de l’État un panneau dédié au lynx, et déplore « la lenteur de la mise en place » de l’expérimentation officielle.

Un type de signalétique comparable existe par ailleurs déjà en Espagne et au Portugal, où il vise à protéger le lynx ibérique, une espèce qui a frôlé l’extinction.

Moyne a également évoqué le braconnage dont seraient victimes certains lynx dans le massif jurassien. Selon lui, la présence du prédateur peut être mal perçue par une partie des chasseurs, en raison d’un régime alimentaire composé notamment de chevreuils.

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