VTC : face à la flambée du carburant, Uber, Bolt et Heetch revalorisent le revenu minimum des chauffeurs

Alors que le gazole évolue autour de 2,40 euros le litre, Uber, Bolt, Freenow, Heetch et LeCab ont convenu de revoir temporairement la rémunération miminum des chauffeurs VTC : en octobre et novembre 2026, elle sera de 32 euros, contre 30 euros actuellement.

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VTC : face à la flambée du carburant, Uber, Bolt et Heetch revalorisent le revenu minimum des chauffeurs
VTC : face à la flambée du carburant, Uber, Bolt et Heetch revalorisent le revenu minimum des chauffeurs © L'Automobiliste

Alors que le gazole évolue autour de 2,40 euros le litre, Uber, Bolt, Freenow, Heetch et LeCab ont convenu de revoir temporairement la rémunération miminum des chauffeurs VTC : en octobre et novembre 2026, elle sera de 32 euros, contre 30 euros actuellement.

VTC : Uber relève le minimum horaire face à la hausse des carburants

À compter d’octobre 2026, la garantie minimale de revenu applicable aux chauffeurs VTC sera relevée de 30 à 32 euros par heure d’activité, ont convenu les plateformes de VTC réunies au sein de la Fédération française du transport de personnes sur réservation. Cette revalorisation de 2 euros, soit environ 6,7%, restera en vigueur pendant deux mois, en octobre et novembre 2026. Elle intervient au moment où le budget carburant devient une nouvelle fois un poste critique pour les professionnels de la route.

Le 30 septembre 2026, le gazole atteint 2,392 euros le litre en moyenn, le SP95-E10 s’établissait de son côté à 2,172 euros. La progression enregistrée en septembre est particulièrement sensible. Entre le 1er et le 25 du mois, le gazole est passé de 2,218 à 2,399 euros le litre, soit une hausse de 8,2%. Pour un plein de 50 litres, l’écart représente déjà un peu plus de 9 euros.

À l’échelle d’un automobiliste particulier, la hausse est pénalisante. Pour un chauffeur VTC parcourant plusieurs milliers de km par mois, elle peut modifier beaucoup plus fortement le coût d’exploitation du véhicule. Union-Indépendants estime ainsi que, pour un conducteur roulant environ 6.000 km chaque mois, la hausse des carburants peut représenter près de 300 euros de coût supplémentaire par mois.

Une revalorisation qui fonctionne comme un filet de sécurité

Le passage à 32 euros ne correspond pas à une hausse automatique du prix de chaque course. Le système fonctionne comme une garantie de revenu calculée sur l’activité mensuelle. Lorsqu’un chauffeur reste sous le seuil prévu, la plateforme verse un complément. En augmentant ce plancher, Uber et les autres opérateurs concernés élargissent donc le nombre de conducteurs susceptibles d’en bénéficier. Selon les plateformes, la mesure devrait doubler le nombre de chauffeurs couverts par cette garantie. Le complément moyen versé aux nouveaux bénéficiaires devrait dépasser 200 euros par mois, soit une hausse d’environ 30% par rapport au montant moyen actuel.

Le différentiel reste cependant notable. Pour les chauffeurs à fort kilométrage, les quelque 200 euros de complément moyen peuvent ne pas suffire à absorber entièrement le renchérissement du carburant.

La question de la motorisation revient au premier plan

Pour Uber, l’épisode confirme aussi l’intérêt d’accélérer la transition vers l’électrique. Laureline Serieys, directrice générale d’Uber France, estime que la mesure permet de soutenir les chauffeurs tout en rappelant l’intérêt de véhicules moins exposés aux variations du prix des carburants. L’argument est logique, mais il doit être nuancé. Un véhicule électrique permet de s’affranchir du gazole ou de l’essence, mais son coût d’utilisation dépend fortement du mode de recharge.

Fin septembre 2026, une recharge domestique en heures creuses pouvait revenir à environ 0,1589 euro par kWh au tarif réglementé. Pour une batterie de 52 kWh, une charge complète théorique représente un peu plus de 8 euros, hors pertes de recharge. À l’inverse, les bornes rapides publiques peuvent faire grimper fortement la facture. Pour un chauffeur VTC, la rentabilité d’un véhicule électrique dépend donc autant de l’accès à une recharge bon marché que du prix d’achat, de l’autonomie réelle ou du temps passé à l’arrêt.

Cette hausse temporaire de la garantie horaire apporte ainsi une réponse immédiate au choc pétrolier, mais elle ne règle pas le problème structurel du coût au kilomètre. Pour les chauffeurs, le choix du véhicule, de la motorisation et de la stratégie de recharge devient plus que jamais déterminant dans l’équilibre économique de l’activité.

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