Depuis quelques jours, Tesla met en avant les premiers pas de son robotaxi : un système futuriste où une voiture de la marque arrive jusqu’à son propriétaire sans assistance extérieure ni pilote derrière le volant. Et pourtant, dans les faits, la situation est plus complexe.
Le robotaxi Tesla est-il déjà opérationnel ?
Il y a quelques jours, Elon Musk proclamait fièrement une avancée historique : pour la première fois, une Tesla Model Y aurait rejoint son propriétaire sans personne à bord, ni opérateur à distance. « À notre connaissance, c’est la première livraison totalement autonome sur route ouverte, sans personne à bord ni opérateur distant », a-t-il affirmé. Une annonce tonitruante qui aurait pu bouleverser le secteur des transports… si seulement elle tenait la route.
Sur le papier, Tesla vend un rêve d’autonomie totale. En réalité, la démonstration effectuée à Austin ressemble davantage à une pièce de théâtre bien répétée qu’à une réelle avancée technologique. Un décor soigneusement préparé, des invités triés sur le volet, une zone de test réduite au strict minimum. De plus, de nombreux bugs ont eu lieu, apparemment sans que l’on en tienne rigueur à la firme de Musk.
La zone concernée ? Une portion ultra-limitée du quartier de South Congress, loin de tout trafic dense ou imprévisible. Quant aux passagers, tous étaient des influenceurs enthousiastes, formés en amont par les équipes de Tesla. Ajoutez à cela une météo clémente, des trajets courts, une fausse option de pourboire intégrée pour amuser les fans… On est loin d’une opération grandeur nature.
Des couacs révélateurs
Même dans ce cadre millimétré, les ratés n’ont pas tardé. Une vidéo de Tesla Daily montre une Model Y entamant un virage trop tôt, hésitant au beau milieu d’un carrefour, pour finalement rouler quelques secondes à contresens. Aucun accident, par miracle. Autre exemple : l’utilisateur Dirty Tesla a arrêté le véhicule avant la fin du trajet. Résultat ? La voiture s’est figée au beau milieu d’un virage. Il a fallu que des téléopérateurs reprennent la main pour sortir l’auto de sa confusion.
Là où ses concurrents comme Waymo ou Zoox misent sur une batterie de capteurs type lidar, radar, caméras, Tesla reste fidèle à son credo du « vision only ». Ce choix réduit les coûts, mais soulève des inquiétudes sur la redondance et la sécurité. Un véhicule qui dépend uniquement de caméras peut-il gérer une visibilité réduite ? Dans les faits, le service n’opère pas lorsqu’il pleut. Un détail, sans doute.
Malgré les discours, chaque robotaxi est encore suivi de près : un « safety monitor » à bord, un téléopérateur en soutien, un environnement cartographié à l’avance. Selon plusieurs médias, il s’agirait surtout d’un bêta-test déguisé. Même la prétendue autonomie complète cache un mode « fallback » (reprise manuelle à distance) activé dès que l’algorithme se retrouve perdu.
En difficulté sur ses ventes en 2025, Tesla doit rassurer ses investisseurs. Quoi de mieux qu’un robotaxi autonome, buzz garanti sur les réseaux sociaux, pour détourner l’attention ? Pendant que Waymo multiplie les tests rigoureux sur des centaines de milliers de kilomètres, Musk préfère l’effet waouh immédiat. Résultat : les actions remontent, la presse s’emballe… et les clients attendent.


