La Lettonie a autorisĂ© le 26 octobre 2026 l’utilisation de Tesla Assisted Driving sur son territoire, sous les conditions d’une homologation provisoire dĂ©livrĂ©e aux Pays-Bas. Le pays devient le dixième État membre de l’Union europĂ©enne Ă reconnaĂ®tre ce système d’aide Ă la conduite avancĂ©e. Pour la France, oĂą son dĂ©ploiement reste soumis Ă l’examen des autoritĂ©s, cette dĂ©cision apporte des prĂ©cisions concrètes sur les modifications techniques demandĂ©es au constructeur.
La direction lettone de la sĂ©curitĂ© routière (CSDD) a reconnu l’approbation dĂ©livrĂ©e par l’autoritĂ© nĂ©erlandaise RDW, comme le confirme un communiquĂ© du ministère letton de l’Économie. Le dispositif, auparavant commercialisĂ© en Europe sous le nom de Full Self-Driving (Supervised), porte dĂ©sormais celui de Tesla Assisted Driving.
Vitesse et vigilance : les ajustements examinés par le régulateur letton
La CSDD explique avoir Ă©tudiĂ© le dossier nĂ©erlandais, Ă©changĂ© avec d’autres autoritĂ©s europĂ©ennes et Ă©valuĂ© les changements apportĂ©s par Tesla. Selon son communiquĂ© du 26 octobre, reproduit par le mĂ©dia letton Kursors, trois points ont pesĂ© dans cette apprĂ©ciation : la rĂ©duction du seuil autorisant un dĂ©passement de la vitesse dĂ©tectĂ©e, la remise Ă zĂ©ro après chaque trajet d’un rĂ©glage manuel de dĂ©passement et le renforcement du contrĂ´le de l’attention du conducteur.
L’autoritĂ© ne prĂ©cise pas, dans ce communiquĂ©, la nouvelle valeur du seuil de vitesse. Ces changements concernent prĂ©cisĂ©ment des questions soulevĂ©es par plusieurs rĂ©gulateurs europĂ©ens au cours de l’examen du système.
Tesla Assisted Driving est classĂ© au niveau 2 d’assistance Ă la conduite. Il peut accĂ©lĂ©rer, freiner, tourner, changer de voie et franchir des intersections en suivant un itinĂ©raire. Le conducteur doit nĂ©anmoins surveiller constamment la circulation et rester prĂŞt Ă reprendre immĂ©diatement les commandes. Il demeure responsable du respect du code de la route et des consĂ©quences d’une Ă©ventuelle infraction ou collision.
La CSDD insiste Ă©galement sur les conditions d’utilisation : l’usage du tĂ©lĂ©phone au volant est proscrit, des avertissements rĂ©pĂ©tĂ©s peuvent entraĂ®ner une dĂ©sactivation temporaire de l’assistance, et la neige, la boue ou le sel peuvent perturber les capteurs. La reconnaissance lettone porte sur les modèles et logiciels visĂ©s par l’homologation nĂ©erlandaise, pas sur l’ensemble des vĂ©hicules de la marque.
Dix pays favorables, une autorisation européenne toujours en discussion
La Lettonie rejoint notamment les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark et la Slovaquie parmi les États ayant reconnu le dispositif. Reuters a confirmé le 26 octobre que la Lettonie était devenue le dixième pays européen à donner son feu vert, après la décision slovaque intervenue plus tôt dans le mois.
Les autorisations nationales ne valent pas encore autorisation gĂ©nĂ©rale dans les vingt-sept pays de l’Union. Le constructeur recherche une dĂ©cision europĂ©enne plus large, tandis que des autoritĂ©s, dont celles de la France, poursuivent leurs vĂ©rifications. Selon les informations recueillies par Reuters le 9 octobre, un vote Ă l’Ă©chelle europĂ©enne a Ă©tĂ© repoussĂ© au moins jusqu’en dĂ©cembre 2026.
Ce que cela change pour les automobilistes français
La dĂ©cision de Riga ne modifie pas les conditions d’utilisation de Tesla Assisted Driving sur les routes françaises. Elle montre toutefois comment un État membre peut reconnaĂ®tre une homologation provisoire après avoir examinĂ© les rĂ©glages de vitesse et les mĂ©canismes de surveillance du conducteur. Pour les propriĂ©taires français, le calendrier et les conditions d’une Ă©ventuelle activation restent liĂ©s aux dĂ©cisions rĂ©glementaires Ă venir et Ă la compatibilitĂ© de leur vĂ©hicule.
La question de la vigilance reste centrale. Lors d’un essai en Slovaquie relatĂ© par Reuters, un conducteur a dĂ» intervenir devant une barrière fermĂ©e que le logiciel n’avait pas suffisamment anticipĂ©e. Cet Ă©pisode illustre le rĂ´le toujours indispensable de la supervision humaine, y compris dans un pays oĂą le système a reçu une autorisation.
La prochaine Ă©tape sera donc moins une dĂ©monstration de conduite automatisĂ©e qu’une dĂ©cision des autoritĂ©s europĂ©ennes sur les garanties techniques et les responsabilitĂ©s attachĂ©es Ă son usage.