Aux États-Unis, l’essence coûte désormais plus de quatre dollars le gallon en moyenne, et le diesel dépasse six dollars. D’après les relevés de l’American Automobile Association (AAA) cités le 26 octobre 2026 par l’Associated Press, l’essence ordinaire s’établit autour de 4,29 dollars le gallon, contre 2,98 dollars en février, avant le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Pour les automobilistes et les transporteurs routiers, la hausse des prix a profondément modifié le coût des déplacements au cours des huit derniers mois.
Une hausse de près de 44 % pour l’essence
La différence est importante : le prix moyen national de l’essence ordinaire a progressé d’environ 1,31 dollar le gallon depuis les semaines précédant le conflit. Cela représente une hausse proche de 44 %. Le chiffre constitue une moyenne américaine, qui masque de fortes différences entre les États, selon leurs taxes, leurs réseaux de distribution et leurs sources d’approvisionnement. Il ne faut donc pas le confondre avec le tarif effectivement pratiqué dans chaque station.
Le diesel a subi un choc plus marqué encore. Son prix moyen est passé d’environ 3,76 dollars à 6,35 dollars le gallon sur la même période, soit une progression proche de 69 %. Reuters souligne que le diesel avait même atteint un record national de 6,523 dollars le gallon le 22 septembre. Ce carburant concerne non seulement certains véhicules particuliers, mais surtout les poids lourds, les activités agricoles et une grande partie du transport de marchandises.
L’augmentation ne se limite donc pas aux dépenses directes des conducteurs. Lorsque le coût d’un trajet en camion augmente, les transporteurs peuvent chercher à répercuter une partie de la facture sur leurs clients. Les prix de livraison et, dans certains cas, ceux des marchandises acheminées peuvent s’en ressentir. L’ampleur du phénomène dépend des contrats, des surcharges carburant et de la concurrence entre opérateurs.
Trump et Biden : ce que signifie le dépassement des moyennes
Un autre chiffre a retenu l’attention de la presse américaine. Dans une dépêche publiée le 26 octobre, Reuters calcule à partir des données de l’AAA que le prix moyen de l’essence depuis le début du second mandat de Donald Trump est de 3,472 dollars le gallon. Sur l’ensemble de la présidence de Joe Biden, il avait atteint 3,471 dollars. L’écart est de 0,001 dollar, soit un dixième de cent américain par gallon.
La même comparaison est plus nette pour le diesel : 4,343 dollars en moyenne depuis janvier 2025, contre 4,078 dollars durant le mandat de Joe Biden. Ces moyennes ne doivent cependant pas être lues comme un classement définitif de la politique énergétique des deux présidents. La première période couvre moins de deux ans, la seconde quatre années complètes ; les chiffres ne sont pas corrigés de l’inflation et les deux administrations ont été confrontées à des crises internationales différentes.
En outre, le record ponctuel de l’essence à la pompe aux États-Unis demeure celui de juin 2022, autour de 5,02 dollars le gallon, sous Joe Biden. Le fait nouveau en octobre 2026 n’est donc pas l’établissement d’un nouveau record pour l’essence, mais la persistance de tarifs élevés après la forte progression amorcée avec le conflit iranien. CNN Business a consacré une enquête à ce basculement, fondée également sur les relevés de l’AAA.
Pourquoi les carburants restent chers alors que les États-Unis produisent du pétrole
Le pétrole américain alimente des raffineries nationales, mais les États-Unis participent à un marché mondial du brut et des produits raffinés. La guerre contre l’Iran, déclenchée le 28 février, a perturbé le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz et endommagé certaines infrastructures énergétiques de la région. Les tensions se sont ajoutées à celles que subissent les échanges de produits pétroliers depuis le début de la guerre en Ukraine.
Le rapport d’octobre de l’Agence internationale de l’énergie explique pourquoi la reprise partielle des exportations de brut ne s’est pas traduite par un retour immédiat à des prix normaux : les quantités de carburants raffinés disponibles restent limitées, les stocks ont diminué et le transport maritime coûte davantage. Les exportations de produits raffinés du Moyen-Orient ne représentaient en septembre que 1,9 million de barils par jour, contre 4,7 millions avant la guerre. Le diesel est particulièrement concerné par cette pénurie.
Il en résulte un décalage fréquent entre l’évolution du cours du pétrole brut et celle du prix affiché à la pompe. Même lorsqu’un baril se détend, le tarif du carburant dépend encore du coût du raffinage, du transport, de la distribution et des stocks achetés précédemment.
Une dépense supplémentaire importante pour les conducteurs
Le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) estime qu’un conducteur américain typique de voiture à essence a dépensé environ 440 dollars de plus depuis le début de la guerre, à kilométrage et consommation de référence. Cette estimation compare les prix observés depuis mars aux niveaux de janvier-février 2026. Elle ne correspond pas à une dépense identique pour tous : le surcoût est plus important pour un automobiliste roulant beaucoup ou avec un véhicule gourmand.
La même étude évalue à 17 dollars le renchérissement des coûts de recharge d’un véhicule électrique pendant cette période, selon ses hypothèses. Cette différence illustre l’exposition directe des véhicules thermiques au cours des carburants. Elle ne constitue pas, en revanche, une comparaison complète de leur coût de possession, qui inclut le prix d’achat, l’entretien et l’assurance.
Les prochaines semaines dépendront surtout du marché pétrolier
La Maison-Blanche assure que les prix du pétrole et des carburants reculeront sensiblement après la fin de la guerre. Elle met également en avant les mesures prises pour faciliter l’approvisionnement et soutenir certains secteurs. Mais l’ampleur et le calendrier d’une baisse restent incertains : une normalisation suppose non seulement que les navires puissent circuler, mais aussi que les raffineries disposent des moyens de produire suffisamment d’essence et de diesel.
À l’approche des élections américaines du 3 novembre 2026, le prix de l’essence est devenu un sujet politique important. Pour les automobilistes, la question est plus immédiate : tant que les tensions sur les produits raffinés persistent, le coût d’un plein reste élevé, quelles que soient les promesses de baisse. La prochaine évolution des prix dépendra moins des déclarations que du rétablissement effectif des approvisionnements.

