Volkswagen étudie la possibilité d’utiliser dans ses futurs modèles européens une architecture électronique mise au point en Chine avec Xpeng. Selon une information du magazine allemand Manager Magazin, relayée le 26 octobre par Reuters, cette technologie pourrait équiper une grande partie des prochaines voitures des marques Volkswagen, Skoda et Cupra. Le constructeur allemand n’a pas confirmé cette orientation.
Le projet, s’il est retenu, marquerait un changement important dans la répartition des développements logiciels du groupe : une solution initialement conçue pour les véhicules vendus en Chine pourrait devenir le socle technique de modèles destinés aux automobilistes européens.
Une architecture chinoise envisagée pour Volkswagen, Skoda et Cupra
D’après les sources citées par Manager Magazin, la China Electronic Architecture (CEA) pourrait servir de base à environ trois quarts des modèles de nouvelle génération des trois marques. Thomas Schäfer, responsable des marques grand public du groupe, devrait présenter la proposition à la direction le 27 octobre. Il s’agit à ce stade d’un scénario examiné en interne, et non d’un programme industriel annoncé.
La CEA n’est pas un simple système multimédia. Elle organise les calculateurs, les communications électroniques et les logiciels qui pilotent différentes fonctions du véhicule. Une telle architecture conditionne notamment la possibilité de faire évoluer certaines fonctions à distance, de simplifier le câblage et d’intégrer de nouveaux services numériques.
Volkswagen dispose déjà d’une expérience industrielle de cette technologie. Dans un communiqué du 28 janvier 2026, le groupe annonçait le début de la production en Chine de l’ID. UNYX 07, premier modèle utilisant la CEA. Développée avec Volkswagen Group China Technology Company, Cariad China et Xpeng, elle repose sur des calculateurs centraux et une organisation électronique par zones. Selon le constructeur, elle réduit d’environ 30 % le nombre d’unités de contrôle électronique par rapport aux générations précédentes.
Le partenariat avec Rivian au cœur des arbitrages
Cette hypothèse européenne pose une question stratégique : quelle place resterait à l’architecture développée avec l’américain Rivian ? Volkswagen et Rivian ont constitué en 2024 une coentreprise consacrée aux véhicules définis par logiciel. Leur accord prévoit un engagement financier pouvant atteindre 5,8 milliards de dollars, sous différentes formes et selon des étapes définies.
Les deux partenaires ont présenté cette collaboration comme un moyen d’accélérer le développement des futures architectures électroniques, notamment pour les véhicules électriques. En novembre 2025, Volkswagen décrivait encore cette technologie comme une base destinée à ses prochaines générations de véhicules pour les marchés occidentaux.
Le recours à la CEA en Europe pourrait donc conduire à revoir le partage des projets entre les deux filières techniques. Reuters souligne que le groupe a jusqu’ici développé des solutions distinctes pour la Chine et les marchés occidentaux. Aucune rupture du partenariat avec Rivian n’a été annoncée, et Volkswagen a refusé de commenter les informations publiées le 26 octobre.
Pourquoi les futurs acheteurs français sont concernés
Les marques Volkswagen, Skoda et Cupra commercialisent de nombreux modèles en France. Si la CEA était adoptée sur une large partie de leurs prochaines gammes, le changement pourrait toucher l’organisation électronique de voitures vendues dans les concessions françaises, y compris au-delà des seuls modèles électriques : Volkswagen précise que l’architecture chinoise a été conçue pour plusieurs types de motorisations.
Pour le conducteur, les enjeux concrets seraient la fiabilité des fonctions logicielles, la facilité des mises à jour, l’évolution des aides à la conduite et la maintenance sur la durée. Pour le constructeur, il s’agit aussi de réduire la complexité technique et de mutualiser les développements entre modèles. Les gains de coûts évoqués pour la Chine ne peuvent toutefois pas être directement transposés aux prix de vente européens, qui dépendent de nombreux autres facteurs.
Le calendrier reste ouvert. Aucun modèle européen, aucune date de commercialisation et aucun tarif lié à cette éventuelle architecture n’ont été annoncés. La décision que prendra Volkswagen déterminera surtout où seront conçues les technologies numériques de ses futures voitures : en Europe et aux États-Unis avec Rivian, en Chine avec Xpeng, ou selon une combinaison des deux.
