L’industrie automobile européenne franchit une nouvelle étape dans l’électrification avec l’engagement de Stellantis pour une nouvelle génération de véhicules électriques. Comme le rapporte Le Monde, le constructeur a annoncé un investissement de plus d’un milliard d’euros sur son site de Mulhouse, dans l’est de la France. Cette décision a été révélée par le président français Emmanuel Macron lors d’une intervention au palais présidentiel le mardi 26 mai, ce qui souligne l’importance stratégique de l’opération pour la France.
Mulhouse : un nouveau souffle
Le site de Mulhouse, qui emploie actuellement environ 4 000 salariés, est l’un des cinq sites français de Stellantis. Jusqu’à présent, il n’avait pas obtenu l’attribution d’un nouveau modèle, contrairement à d’autres sites comme Sochaux. Les salariés, qui produisent aujourd’hui les Peugeot 308, Peugeot 408 et temporairement DS 7, avaient exprimé des inquiétudes pour l’avenir du site, surtout après que la production annuelle soit tombée à environ 135 000 véhicules, contre 200 000 avant la pandémie.
Cette annonce reconnaît les efforts des salariés pour maintenir la compétitivité de Mulhouse et ouvre la possibilité d’un retour à une pleine capacité opérationnelle. Le responsable syndical Laurent Gautherat a rappelé que la production n’avait jamais retrouvé ses niveaux pré-Covid et que le site tournait à demi-cadence.
Lors de l’annonce, Macron a souligné : « C’est un véritable avenir industriel que nous offrons à ce site de Mulhouse ». Les changements prévus incluent la mise en place d’une ligne de montage adaptée aux véhicules électriques et des investissements en amont, notamment dans les ateliers de peinture et de ferrage.
Répercussions pour l’économie et l’industrie
Cette initiative arrive au moment où la France veut renforcer sa place sur le marché des véhicules électriques, mettant en avant l’importance de la production locale. Macron a encouragé les entreprises à accélérer « l’électrification » des usages, précisant que cet investissement permettra d’aborder « avec confiance la compétitivité européenne ».
L’annonce a aussi des répercussions pour l’économie locale. Le président de M2A, Fabian Jordan, a salué cette perspective comme étant « formidable pour le territoire ». Le maire de Mulhouse, Frédéric Marquet, a évoqué un « vent positif » pour la région. On voit là que cet investissement dépasse le strict cadre industriel et doit bénéficier au tissu économique régional et national.
Qui fait quoi dans le secteur
Stellantis, sous la direction de Antonio Filosa, a récemment dévoilé une stratégie de niche comprenant 60 nouveaux lancements et 60 milliards d’euros d’investissements sur cinq ans. La décision concernant Mulhouse s’inscrit dans cette stratégie, où les entreprises doivent d’abord consulter les partenaires sociaux avant toute annonce officielle. Ronald Laventin de la CFDT a qualifié le milliard d’euros destiné à Mulhouse d’« énorme » pour un site français, estimant que cet apport garantit une longue durée de vie au site.
Les partenaires sociaux, représentés par les syndicats CFE-CGC et CFDT, jouent un rôle déterminant dans ce processus, en veillant au respect des défis économiques et procédurales. Toute infraction à ces obligations, comme le fait de ne pas informer le comité social et économique (CSE), constituerait un « délit d’entrave ».


