Les voitures électriques bientôt réservées aux “Made in Europe” ? Ce que Bruxelles prépare

La Commission européenne envisage une loi qui pourrait bouleverser le marché des voitures électriques.

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Les voitures électriques bientôt réservées aux “Made in Europe” ? Ce que Bruxelles prépare
Les voitures électriques bientôt réservées aux “Made in Europe” ? Ce que Bruxelles prépare © L'Automobiliste

La Commission européenne, basée à Bruxelles, planche sur une nouvelle législation qui conditionnerait les aides aux véhicules électriques à leur production en Europe, dans le cadre de la transition de l’industrie automobile. Cette initiative pourrait entrer en vigueur dès 2026 et s’inscrit dans une stratégie plus large pour renforcer l’industrie manufacturière européenne face à la concurrence mondiale. Le Financial Times et d’autres médias économiques ont publié les premiers éléments de ce projet, baptisé « Industrial Accelerator Act ».

Pourquoi défendre l’industrie auto européenne ?

L’objectif principal de cette proposition est de protéger l’industrie automobile européenne, estimée à environ 2 600 milliards d’euros, contre l’arrivée massive de voitures électriques chinoises à bas coût, ainsi que contre les coûts énergétiques élevés et les politiques climatiques strictes de l’UE. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie « Acheter européen » et complète le « Critical Raw Materials Act ».

La législation viserait non seulement les véhicules électriques à batterie, mais aussi les hybrides et les véhicules à hydrogène. Un critère central des versions de travail est que 70 % des composants d’un véhicule, hors batterie, soient fabriqués dans l’UE pour ouvrir droit aux aides, ce qui rappelle les critères de contenu local proposés par l’Allemagne. Ce seuil fait encore l’objet de débats au sein de la Commission.

Qui soutient la mesure et qui s’inquiète ?

La proposition a trouvé des soutiens chez plusieurs grands constructeurs. Volkswagen et Stellantis ont signé une lettre ouverte, cosignée par Oliver Blume et Antonio Filosa, où ils proposent que « chaque véhicule électrique à batterie ‘Fabriqué en Europe’ devrait recevoir un bonus CO₂ ». À l’inverse, BMW met en garde contre le risque d’augmenter les coûts et la paperasse.

Le ministre français de l’Industrie, Marc Ferracci, évoque un système de préférence européenne calqué sur le modèle français, avec une prime supplémentaire de 1 000 euros pour l’achat de voitures électriques assemblées en Europe. Environ 90 % des voitures électriques vendues en France sont déjà fabriquées en Europe, ce qui souligne l’importance d’une production locale solide.

Ce que ça change pour le marché et les consommateurs

Pour les consommateurs, cela pourrait signifier que les aides à l’achat dépendront du lieu de fabrication du véhicule, et non seulement de son prix ou de son score environnemental. Concrètement, les modèles produits en Europe pourraient bénéficier d’un net avantage par rapport aux modèles importés.

Le développement du projet est suivi de près par les acteurs politiques et industriels, qui y voient une mesure pour soutenir l’industrie automobile européenne, renforcer l’emploi et attirer des investissements industriels.

À quoi ressemble l’avenir de l’industrie auto européenne ?

L’initiative de l’UE suscite un large débat sur ses possibles répercussions économiques. Les partisans, notamment des représentants de Stellantis et Volkswagen, estiment que ces mesures sont nécessaires pour compenser des coûts de production plus élevés en Europe, liés notamment à des normes sociales et environnementales plus strictes, nécessitant une flexibilité pour les constructeurs.

Mais certains alertent sur des effets indésirables possibles, craignant que ces nouvelles règles ne freinent la compétitivité des constructeurs européens en limitant leurs opportunités à l’échelle mondiale. Des pistes ont été évoquées pour élargir la règle « Fabriqué en Europe » à des pays partenaires comme la Turquie et le Royaume-Uni, ou à des partenaires clés comme le Japon.

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