En 2025, les conducteurs déclarent moins de comportements dangereux sur la route ou d’incivilités, selon le baromètre annuel de Vinci. Néanmoins, certaines pratiques contraires à la sécurité routière semblent perdurer.
Les comportements dangereux baissent selon le baromètre de Vinci
Le décor de la sécurité routière semble s’éclaircir lentement, sans toutefois dessiner un horizon serein. En mai 2025, la Fondation Vinci Autoroutes publie sa 15e étude annuelle sur les habitudes au volant, révélant une baisse tangible des comportements à risque. Pourtant, derrière cette apparente amélioration, l’ombre des pratiques dangereuses persiste.
Les chiffres du baromètre Vinci ne mentent pas : les Français déclarent moins d’incivilités et d’infractions au volant, amorçant une tendance encourageante. Selon Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes, « quand on regarde l’ensemble des comportements dangereux étudiés dans ce baromètre, il y a une légère inflexion ». Ce recul se traduit notamment par une baisse de 3 points du nombre de conducteurs qui quittent la route du regard pendant plus de deux secondes, désormais à 84 %.
Les usages du smartphone ou du GPS, bien qu’encore massifs, diminuent aussi de 3 points, avec 75 % des conducteurs qui avouent s’en servir en conduisant. Le baromètre pointe également une légère amélioration dans le respect des règles. Le non-respect des distances de sécurité diminue de 4 points, mais reste majoritaire à 68 % des conducteurs. De même, la vitesse est souvent au-delà des limites, avec neuf conducteurs sur dix qui dépassent de quelques kilomètres par heure les restrictions en vigueur.
Le téléphone au volant, toujours un fléau pour la sécurité routière
Pourtant, cette évolution ne gomme pas les zones d’ombre. Le téléphone au volant demeure un véritable poison : 61 % des automobilistes téléphonent encore. Même si cette pratique a reculé de 4 points depuis l’an dernier, elle reste en hausse de 7 points par rapport à 2018. Bernadette Moreau alerte sans ambages : « Ça reste très important et c’est vraiment à proscrire », rappelant qu’« à 130 km/h, deux secondes d’inattention correspondent à 72 mètres parcourus à l’aveugle ».
De plus, selon l’étude, 63 % des conducteurs reconnaissent injurier d’autres usagers, un chiffre en recul par rapport aux 67 % de 2024, tandis que 54 % avouent klaxonner de façon intempestive. La nervosité au volant se manifeste aussi par des altercations : 13 % des automobilistes déclarent descendre de leur véhicule pour régler un différend, contre 18 % l’an passé.
Le baromètre révèle aussi qu’un conducteur sur cinq change de tempérament une fois au volant, devenant plus impulsif ou agressif. Cette tension colle à la peau des routes françaises malgré la prise de conscience généralisée des risques encourus.






